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Césarienne: de retour à la maison

CéSARIENNE... fin

Le retour à la maison

Les pertes de sang
Après une césarienne, elles durent en général environ 3 semaines, on conseille souvent d'attendre la fin de cette période pour reprendre des bains; il en va de même pour la reprise des rapports sexuels.

Les pertes de sang peuvent durer plus longtemps, parfois jusqu'à 2 mois en se tarissant petit à petit. Si vous décelez des signes anormaux comme démangeaisons, brûlures ou mauvaise odeur, contactez votre médecin qui saura vous traiter.

Il ne faut pas hésiter à consulter si des symptômes tels que vomissement, fièvre ou douleur dans un mollet (qui peut être signe de début de phlébite) apparaissent.

Le tonus musculaire
Le tonus musculaire mis à rude épreuve lors de la grossesse n'est pas avantagé par la césarienne, il met 3 à 5 mois pour se remettre en place. Vous avez droit, en France, à 10 séances de rééducation post-natale (voire plus si besoin), aussi bien abdominale, que périnéale, car le périnée, même si le bébé n'est pas né par voie basse, a aussi pu souffrir lors de la grossesse.

Il ne faut pas oublier qu'il est important de commencer la rééducation du périnée (ou de vérifier sa tonicité) avant de commencer la rééducation abdominale, sous peine de risquer un prolapsus.

Il vous faudra éviter de faire de gros efforts les premiers temps. On a coutume de dire qu'il ne faut pas porter de charge plus lourde que le poids de son bébé. Là encore, n'hésitez pas à vous faire aider si possible.

Le reprise du sport peut se faire progressivement au troisième mois. Ne forcez pas au début, prenez votre temps.

Le repos
Dans la mesure du possible, faites une sieste tous les jours, en même temps que votre bébé. Allongez-vous régulièrement, profitez des pauses tétée ou biberon pour vous reposer.

La visite post-natale
Cette visite a lieu entre 6 et 8 semaines après l'accouchement. On vous fait alors un examen clinique complet, ainsi parfois qu'un frottis du col. Cette visite est le moment idéal pour poser toutes les questions qui sont survenues depuis votre sortie de la maternité, n'hésitez pas !
Pour celles qui ont subi une césarienne en urgence, cette visite peut être le moment de demander plus précisément pourquoi vous avez eu une césarienne, et parler de l'avenir

La contraception
Comme après un accouchement par voie basse, différents moyens de contraception sont à votre disposition, le mieux étant d'en discuter avec votre médecin qui saura trouver le moyen qui vous est le plus adapté.

On note toutefois que le stérilet est sujet à controverse après une césarienne. Si certains médecins sont réticents du fait de la possible accroche de la cicatrice lors de la pose, d'autres tels Martin Winckler pensent qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Demandez l'avis de votre médecin.

L'alimentation
L'alimentation riche en protéines est conseillée afin de récupérer de la grossesse. Pour celles qui ne mangent pas de viande, vous pouvez demander conseil à un nutritioniste. Favorisez les sucres lents, les fruits, et les légumes. Pensez également à boire beaucoup (un litre et demi de liquides : eau, jus, thé, tisanes), voire plus en cas d'allaitement.

L'anémie touche beaucoup de jeunes mères, encore plus après une césarienne, on donne souvent un supplément de fer, que l'on peut aussi trouver "naturellement" dans le boudin noir, le foie d'agneau, la viande d'autruche, les lentilles, ainsi que les fruits secs.

L'évolution de votre cicatrice de césarienne
Juste après l'opération: le pansement

Vous aurez un pansement à l'emplacement de l'opération, afin d'éviter les éventuelles infections. Il pourra être retiré dès le second jour pour laisser la cicatrice à l'air libre. Parfois un autre pansement est remis, il est laissé en place plus ou moins longtemps selon les maternités et peut être changé tous les jours ou deux jours.
Il arrive que le sang traverse le pansement, ce qui est surveillé. On renforce alors le pansement afin d'éviter les infections. Si le saignement devient trop important, on vérifie la plaie, et on en remet un nouveau.
Un drain est parfois mis en place quelques jours sous la paroi de l'abdomen. Il s'agit d'un petit tuyau inséré à une extrémité de la cicatrice pour évacuer les liquides qui se sont accumulés autour de l'incision.

Après avoir enlevé le pansement
Avant de toucher votre cicatrice, lavez vous soigneusement les mains, et séchez les avec un papier ou tissu à usage unique. Ainsi vous réduirez les risques d'infection de la cicatrice.
Lorsque vous aurez (enfin !) le droit de prendre une douche, un ou deux jours après l'opération, pensez à ménager votre cicatrice, à ne pas la frotter, et à bien la sécher. Les infirmières vous préciseront les précautions à prendre.

Les premiers jours
Les tiraillements que vous pouvez ressentir s'expliquent par le fait que les différentes couches incisées ne cicatrisent pas à la même vitesse, d'où cette sensation parfois désagréable, voire douloureuse, qui peut subsister jusqu'à 8 semaines après la césarienne. En outre, la repousse des poils pubiens est souvent fort désagréable aussi.
N'hésitez pas à masser votre cicatrice. Les tout premiers jours, posez votre doigt sur la cicatrice sans appuyer, et faites simplement des petits ronds pour faire légèrement bouger la peau. Vous avez peut-être du mal à toucher cette zone si empreinte de cet évènement passé, alors allez à votre rythme, familiarisez-vous avec elle.

Une fois la plaie complètement cicatrisée, vous pouvez la masser en utilisant de l'huile d'amande douce dans laquelle on peut ajouter deux gouttes de siliprèle, ou une crème qui vous sera conseillée par votre médecin, ou simplement votre crème hydratante habituelle. Vous pouvez aussi appliquer un cataplasme d'argile verte deux fois par semaine, pendant deux heures.

Les agrafes ou points de suture (s'il ne s'agit pas de fils résorbables) sont généralement retirés 5 à 10 jours après l'intervention. Vous trouverez sur le site pregnancy.com les photos d'un retrait d'agrafes après une césarienne.

Les infections de la cicatrice
Un abcès peut se produire dans la cicatrice de césarienne, en général dans les premiers jours après la césarienne. La cicatrice devient rouge et douloureuse, et vous avez de la fièvre. On doit alors faire s'évacuer le pus (il peut s'écouler spontanément, sinon il faudra rouvrir la cicatrice), et laisser un drain en place quelques jours jusqu'à la fin de l'écoulement. Il faudra nettoyer quotidiennement la cicatrice avec un antiseptique. Un traitement par antibiotiques n'est en général pas nécessaire, sauf mauvaise évolution de l'abcès - auquel cas on pourra pratiquer un prélèvement et une culture des germes afin de déterminer l'antibiotique le plus adapté.

Et par la suite?
Evitez les expositions au soleil la première année. Continuez à masser votre cicatrice. Le massage contribue à assouplir la peau, à éviter que la cicatrice ne durcisse, et à éviter les adhérences. Essayez de pétrir la zone de la cicatrice, de la décoller en tirant doucement vers le haut, de rapprocher les extrémités l'une de l'autre.

Faites rouler la cicatrice sous vos doigts. Il est possible que vous ayez, les premiers mois, un petit bourrelet autour de la cicatrice, la peau apparaît un peu gonflée autour d'une cicatrice rose et plate : ce bourrelet se résorbera de lui même.

La cicatrice elle-même va passer du rouge au rose puis deviendra blanche. Après un an ou deux, on ne verra plus qu'un simple trait un peu plus clair.

Les cicatrices de césariennes horizontales sont souvent cachées dans la pilosité pubienne, mais parfois elles sont situées dans le haut de cette zone et restent quelque peu apparentes. Pour savoir ou se trouvera votre cicatrice, comptez environ 2 doigts au dessus de l'os du pubis (la symphyse pubienne).

Vous ressentirez peut être une insensibilité de la peau autour de la cicatrice. C'est un phénomène transitoire : la zone va regagner petit à petit sa sensibilité. Cela peut parfois prendre jusqu'à un an pour retrouver l'intégralité de vos sensations, ou peut-être vous restera-t-il une petite zone définitivement insensible, due au fait que le gynécologue aura sectionné un nerf en pratiquant la césarienne. Si vous êtes inquiète, parlez-en avec votre médecin lors de la visite post-natale.

N'hésitez pas à consulter un kinésithérapeute ou un ostéopathe pour qu'il effectue un travail plus en profondeur sur la cicatrice : votre cicatrice extérieure peut être parfaite, mais il peut être intéressant de regarder la souplesse des cicatrices intérieures.

Les problèmes de cicatrisation
Dans certains cas, la cicatrice ne devient pas plate et souple, mais au contraire, après quelques mois, s'épaissit et devient dure, avec des démangeaisons. Il s'agit d'une cicatrice hypertrophique ou dans le cas où cela s'étend aux tissus avoisinants, d'une cicatrice cheloïde. Certains types de peaux, notamment les peaux mates ou noires, sont plus sujettes à ce type de mauvaise cicatrisation.

Dans le cas de la cicatrice simplement hypertrophique, le problème va se résoudre de lui-même, mais cela pourra prendre quelques mois voire quelques années pour obtenir une cicatrice parfaite. Dans le cas d'une cicatrice cheloïde, il existe des traitements : pansements compressifs, injections de corticoïdes, ou pansements à la silicone, que votre dermatologue pourra vous prescrire.

Et pour votre bébé?...
La césarienne est un mode d'accouchement différent, qui a une influence aussi bien sur les processus intra-utérins liés à la naissance que sur les premières minutes de vie de votre bébé.

N.B. : Nous ne parlons ici que des bébés nés à terme - un bébé né prématuré nécéssite des soins spécifiques que nous ne détaillons pas dans cette page.

De manière générale, on peut noter que la césarienne n'est pas sans risques pour le bébé. Par exemple, une étude portant sur presque 6 millions d'accouchements aux USA entre 1998 et 2001 parue en septembre 2006 dans Birth : Infant and Neonatal Mortality for Primary Cesarean and Vaginal Births to Women with ‘"No Indicated Risk," démontre que le risque de décès du nouveau-né est plus que doublé (1.77 au lieu de 0.62 pour 1000) en cas de naissance par césarienne pour une grossesse à faible risque, c'est-à-dire : présentation céphalique, bébé à terme, pas d'antécédents médicaux. Nous pouvons toutefois regretter que cette étude ne fasse pas la distinction entre césariennes programmées et en cours de travail.

Date d'accouchement imposée
On pense désormais que c'est le bébé qui, lorsqu'il est prêt, déclenche l'accouchement. Si vous subissez une césarienne programmée, votre bébé n'aura pas choisi son heure - on peut donc imaginer que par certains aspects, il n'était pas tout à fait prêt à naître. Selon le terme auquel aura lieu votre césarienne (37, 38, 39 SA), il "manquera" de 300 à 800 gr à votre bébé, par rapport au poids auquel il serait né. Il pourra alors (mais ce n'est pas une obligation) être un peu plus faible, ou avoir un peu plus de mal à téter efficacement, ou ne pas réclamer assez souvent à manger - ce sera alors à vous d'observer, et de proposer le sein plus souvent si vous allaitez.

Quoi qu'il en soit, le bébé dans le ventre est déjà réceptif depuis longtemps au son de votre voix. Vous pouvez donc lui parler quand le travail commence, lui expliquer ce qui va se passer, ce qui peut se passer. Si vous savez à l'avance que vous aurez une césarienne, dites-le lui, racontez-lui comment ça va se passer. Si la césarienne est décidée en cours de travail, et que vous avez un moment pour accuser le coup, pouvoir lui parler le rassurera sans aucun doute.

Absence de travail
Pendant le travail, un certain nombre d'hormones, notamment les catécholamines (noradrénaline), sont sécrétées par le bébé, afin de le préparer à sa vie extérieure. Ces hormones sont des "hormones du stress", elles apparaissent en réaction à un stress, mais surtout, elles déclenchent des réactions physiques destinées à protéger le corps. Elles sont surtout sécrétées en fin de travail, lors de la compression de la tête du foetus.

Dans le cas d'une césarienne programmée, ces hormones ne seront pas sécrétées.
Ces hormones ont pour fonction:
- de provoquer un afflux de sang dans les organes vitaux (coeur, cerveau)
- de faciliter la première inspiration
- de permettre au bébé de "piocher" dans ses réserves, maintenant qu'il n'est plus nourri par le cordon ombilical
- d'éveiller le bébé, ce qui explique le regard intense qu'il a dès la naissance.

Cette hormone favorise également le dévelopement olfactif, celui-ci permettant au bébé de distinguer sa mère d'une autre mère.

Par ailleurs, un bébé né par voie vaginale subit plusieurs heures de contractions qui lui font vivre un genre de massage énergique semblant avoir pour fonction d'aider à la maturation de ses poumons. Puis, le passage dans le bassin et le vagin maternel vont "essorer" les poumons du bébé qui étaient jusque là emplis de liquide amniotique et lui permettre ainsi de prendre sa première inspiration.

Risques de détresse respiratoire et d'inhalation de méconium
L'absence de sécretions d'hormones, ajoutée au fait de ne pas avoir été "essorés" par le passage par voie basse, augmente la fréquence des détresses respiratoires transitoires (DRT) chez les bébés nés par césarienne.
La DRT est due à une difficulté à évacuer le liquide amniotique se trouvant dans les poumons. On rencontre plus ce trouble lors de césariennes du fait de l'absence du passage du bébé par le bassin et le vagin de la mère, passage au cours duquel les poumons sont comprimés, facilitant ainsi l'expulsion du liquide qu'ils contiennent. Si par ailleurs le liquide était teinté (méconium par exemple du fait d'une souffrance foetale), le risque que le bébé respire le méconium augmente, ce qui peut dans certain cas justifier un séjour en néo-natalogie.
La détresse respiratoire chez les bébés nés par césarienne est plus important en cas de naissance par césarienne programmée (et ce d'autant plus que la césarienne est programmée tôt) par rapport à une césarienne pratiquée en urgence en cours de travail, vraisemblablement parce qu'alors, le bébé a eu le temps d'avoir l'imprégnation hormonale nécessaire à la maturation pulmonaire, et les contractions utérines ont également pu aider à vider les poumons.

Généralement, cette complication est convenablement traitée, notamment grâce à une oxygénothérapie rapide. Voir le site de l'OMS sur la conduite à tenir en cas de détresse respiratoire.

Usage de produits anesthésiants
Puisque vous serez anesthésiée, votre bébé recevra une petite partie des anesthésiants. Cela peut avoir des effets sur son tonus et ses capacités de succion immédiatement après la naissance.
Cette affirmation est particulièrement vraie dans le cas d'un travail long sous péridurale (le produit a le temps de se diffuser dans le sang), mais est un peu moins vrai dans le cas d'une césarienne sans péridurale préalable. En effet, le bébé étant sorti du ventre très rapidement après la pose de l'anesthésie, il ne reçoit qu'une dose minime de produit.

En revanche, si vous allaitez, et que le cathéter de péridurale reste posé ou que vous êtes sous perfusion de morphine, votre bébé recevra un peu de produit anesthésiant. Cela ne pose pas de problème.

Soins plus intenses après la naissance
Lors d'une naissance par voie basse, il est d'usage de couper le cordon ombilical qui n'a pas encore cessé de battre. Différentes études semblent montrer l'utilité d'un clampage plus tardif du cordon ombilical, après qu'il aie cessé de battre. Ceci est possible dans le cas d'une voie basse, mais plus difficile dans le cadre d'une césarienne.

L'aspiration du bébé, en général inutile lors d'une naissance par voie basse du fait de l'essorage que subit le bébé, est plus souvent utile lors d'une césarienne (mais on peut aussi attendre quelques instants afin de voir si le bébé respire bien, dans ce cas, ne rien faire.

Perturbation de l'établissement du lien mère-enfant ou père-enfant
De manière générale, autant il est de plus en plus admis qu'en cas de naissance par voie basse, il faut faciliter l'établissement du lien mère-enfant en laissant le bébé au contact de sa mère, autant en cas de césarienne ceci n'est pas encore passé dans les moeurs. Par exemple, présenter l'enfant à sa mère après sa sortie n'est pas systématique. Ou encore, le bébé est souvent placé en couveuse pour le réchauffer, après une batterie de soins qui pour certains pourraient attendre, alors qu'un peau à peau avec sa maman (sous une couverture de survie, pendant que l'équipe médicale referme l'incision) ou son papa serait le bienvenu.

Par ailleurs, le premier contact de bébé avec sa maman lors d'une césarienne est souvent plus difficile. La cause en est notamment le lieu de rencontre. Un bloc opératoire froid dans le meilleur des cas, c'est-à-dire si la maman est consciente.
Dans les témoignages, il est arrivé que le papa présent lors de la césarienne puisse lui-même couper le cordon ombilical, le bébé ayant été retiré avec le placenta. Ceci n'est toutefois pas une pratique courante!

Risques de blessure de l'enfant
Il arrive que l'incision soit trop profonde, et atteigne le bébé qui peut alors se retrouver avec une coupure sur le corps, voire, cas extrême cité dans le livre d'H. Vadeboncoeur, avec deux doigts sectionnés. Cette complication semble arriver dans environ 1% des césariennes:
- donne un taux moyen de 0,7% de coupures, ainsi que d'autres types de blessures (fractures par exemple) à des taux inférieurs à 1 pour 1000. Cette étude note que l'incision segmentaire transverse de l'utérus génère le moins d'accidents, et note que le degré d'urgence de la césarienne a une influence sur le taux de coupures.
- donne environ 3% de coupures légères, et 0,1% de coupures moyennes ou sévères, et retrouve l'influence du degré d'urgence de la césarienne.

Les techniques récentes de césarienne où l'on n'incise plus l'utérus au profit d'une déchirure des tissus à la main permettent sans doute de limiter ce problème.

Répétons-le, ces cas sont rares, mais permettent de se rappeler qu'une césarienne n'est jamais "absolument sans aucun risque pour le bébé"

Allaiter après une césarienne
OUI, il est possible d'allaiter après une césarienne! Certaines mères y trouveront même une réparation nécessaire, un exutoire à une naissance différente.

Préparez votre allaitement
Prenez un bain d'entourage favorable, renseignez-vous auprès de femmes césarisées de votre entourage pour vous imprégner de leurs expériences auprès de réseaux de soutien à l'allaitement maternel, par exemple:
- Rédeau MDAM (marraines d'allaitement maternel)
- Réunions LLL (La Leche League) - la LLL édite un feuillet spécifique "césarienne et allaitement" et consacre un numéro de "Allaiter Aujourd'hui" à ce sujet, voir sur leur site le dossie Allaiter après une césarienne OU dans la catégorie allaitement sur sur site.
- L'annuaire des associations sur le site de la COFAM

Auprès de sites spécialisés, par exemple:
- Information Pour l'allaitement (IPA)
- Coordination Française pour l'Allaitement Maternel (CFAM)
- Santé Allaitement Maternel (SAM)

Il vous sera utile d'échanger, de vous imprégner, de saisir les "trucs" qui vous conviennent, à vous et à votre famille.

L'allaitement maternel, bien qu'étant la plus naturelle qui soit des façons de nourrir son enfant, ne coule pas forcément de source. Ce sentiment de difficulté est accentué lors d'une naissance par césarienne, du fait de l'impossibilité passagère des mères césarisées à se mouvoir et à prendre soin elles-mêmes de leur enfant.

Ainsi, afin de pallier toutes les interventions négatives (premiers soins du bébé souvent plus intrusifs, tétée précoce parfois impossible, difficulté à se mouvoir, ...), il est intéressant d'être informée, de se sentir forte, et d'avoir confiance en ses capacités à nourrir soi-même son enfant.

Préparez votre projet d'allaitement avec votre sage-femme, la puéricultrice ou/et votre médecin.

Signalez à l'équipe médicale votre profond désir d'allaitement maternel. Aussi, il est bon que vous, mère, père de votre enfant, fassiez entendre vos décisions, et ce, quelle que soit la voie de naissance et tant que votre enfant est en santé.

Posez par écrit vos desiderata, par exemple dans un projet de naissance, ainsi, le personnel médical sera informé de l'importance que l'allaitement a pour vous.

Ce que vous pouvez demander:
- Que votre lait soit le seul aliment absorbé par votre bébé.
- Que la première tétée lui soit donnée avant toute absorption de vitamines (K en l'occurrence).
- Que la première mise au sein soit aussi précoce que possible, dès la salle d'opération par exemple, sinon, dès la salle de réveil.
- De pouvoir tirer votre lait pour alimenter votre enfant s'il doit être transféré en néonatalogie, et dans ce cas, qu'il ne soit pas donné de biberons ou sucettes à votre enfant, mais à la cuillère, à la pipette, à la tasse...
- Si votre césarienne doit être programmée, il est important de déterminer judicieusement la date de naissance de votre enfant. En effet, un enfant né trop tôt peut rencontrer de grandes difficultés de succion au sein. Ainsi, sauf cas de danger réel avéré, garder votre enfant au chaud dans votre ventre le plus longtemps possible permettra de limiter au moins ce risque.

Idéalement, même s'il est admis que la naissance doit se faire par césarienne, attendre le début du travail est un gage que l'enfant est prêt à naître. Dans ces conditions, vous et votre enfant serez "baignés" dans les hormones de naissance que sont l'ocytocine et la prolactine, qui sont nécessaires à un démarrage rapide et fructueux de l'allaitement.

Materiel à prévoir
Parfois, il vaut mieux être avisée et prévoir son matériel pour le démarrage de l'allaitement. Nous ne parlons ici que du matériel spécifique en cas de césarienne. Vous trouverez sur les sites consacrés à l'allaitement des suggestions pour l'allaitement en général.
- un tire-lait : car il est parfois difficile d'en obtenir un en structure hospitalière. Il n'est pas nécessaire mais rassurant car, sachez qu'il est bien difficile de récolter son lait par tire-lait lorsque la lactation n'est pas encore installée.
- des coussins, utiles, ils sont souvent distribués à l'unité et sont très agréables pour bien caler son enfant contre soi lorsque les mouvements sont encore difficiles, à protéger son ventre, à relever son dos... Les coussins d'allaitement, sorte de longs boudins, sont souvent bien utiles (par exemple pour soutenir à la fois le bébé et votre bras).
- une crême pour protéger vos seins (Lansinoh est parfaite car grasse et il n'est pas nécessaire de laver le sein lors de la tétée suivante. Castor Equi, crême homéopathique, lavage du mamelon avant chaque tétée. Vous pouvez parfaitement alterner les deux, les propriétés de chaque crême diffèrent légèrement)
- un livre à garder à portée de la main : par exemple
- L'Art de l'Allaitement Maternel, à commander à La Leche League
- L'Allaitement - Dr Marie Thirion - Albin Michel

Bébé est né!
Ca y est votre bébé est là! Cependant, il peut-être "surpris" de cette naissance, notamment en cas de césarienne programmée. Ainsi, tant que la mère et l'enfant se portent bien, il est judicieux de laisser l'enfant et la mère, en contact et notamment, en contact peau à peau.

En salle d'opération
Bien que l'enfant soit né par césarienne, il n'est pas systématiquement nécessaire de procéder immédiatement aux soins et "nettoyage" de routine. Même l'aspiration n'est pas nécessaire à chaque enfant.

L'enfant peut être posé sur le haut du corps de la maman pour une toute première mise au sein, et bien sûr, cette possibilité doit faire l'objet de quelques aménagements tels que:
- La présence d'un accompagnant pour aider la mère (le père, une sage-femme, une doula...)
- Si vous étiez attachée, un bras doit être détaché, idéalement, les deux.
- Prévoir une couverture chauffante ou une couverture de survie pour le bébé, car le bloc opératoire est un endroit froid.

En salle de réveil
Lorsque l'établissement ne permet pas d'allaiter en salle d'opération, ou que la santé de votre enfant nécessite des soins préalables, il est bon d'allaiter l'enfant dès la salle de réveil. Là encore, la présence d'un accompagnant est souvent nécessaire.

Il arrive parfois, malheureusement, que la salle de réveil ne soit pas réservée au bloc obstétrical, et que vous ne puissiez pas y être accompagnée. Cependant, le passage dans ce service peut être long et vous obligerait à être séparés au total plus de 2 heures... Dans ce cas de figure, il est intéressant de discuter de cette étape avec votre médecin, si possible au préalable, pour voir comment l'aménager au mieux, par exemple en allant dans une salle de travail pendant la surveillance post-opératoire.

Une longue séparation ainsi imposée à deux êtres en bonne santé, ne favorise pas un bon démarrage de l'allaitement... Il se peut que vous donniez naissance dans une maternité "habituée" à donner un premier biberon, ou que votre bébé, fatigué de chercher votre contact et votre sein, se soit profondément endormi pour les retrouvailles tant attendues, ce qui retarderait encore davantage la première mise au sein...

Nous donnons ici des conseils pour que l'allaitement démarre au mieux, mais ce n'est pas parce que vous n'aurez pas donné le sein en salle de réveil que votre allaitement sera systématiquement compromis. Rien n'est irratrapable en matière d'allaitement!

En revanche, les premières tétées seront peut-être plus difficiles, vous aurez peut-être besoin de plus d'aide, mais il est souvent possible de démarrer un allaitement même dans des conditions non idéales.

Retour dans la chambre
Rôle de l'accompagnant
Le plus important sans aucun doute, est d'éviter toute séparation avec l'enfant, même durant les premières heures, bien sûr tant que la mère et l'enfant sont en santé.

Pour ce faire, il est judicieux de bénéficier de l'aide d'une tierce personne, le père est le bienvenu, pour pouvoir assurer les soins au bébé et mettre l'enfant au contact de sa mère au moindre signe.

Certains établissements d'ailleurs assurent la fourniture de lits d'appoints et de repas d'accompagnants. Si votre conjoint doit s'absenter par intermittence, il peut être pratique de garder bébé en peau à peau continu contre vous, posé sur le haut de votre poitrine, en le calant avec votre drap que vous aurez passé de chaque coté de votre lit, et coincé sous votre dos, et de vous mettre en position confortable avec des coussins.

Restez avec votre bébé
Il est possible que l'on vous pousse à la séparation d'avec votre enfant, notamment les premières nuits, sous le prétexte de vous reposer.
Vous êtes en droit de rester avec votre enfant, et donc de refuser toute séparation.

Si vous souhaitez vous reposer les premières nuits, exigez qu'il ne soit donné aucun complément, ni tétine, qui peuvent tous deux induire une confusion sein/tétine, et demandez que l'on vous amène votre bébé à chaque tétée.

Quand ce n'est pas possible...
S'il n'est pas possible d'être dans la même chambre, ce qui peut-être le cas, par exemple en cas de transfert de l'enfant en service de néonatalogie, il est important pour un bon démarrage de l'allaitement de stimuler le démarrage de votre lactation. Vous pouvez exprimer vous-même votre lait, qui pourra être pris par l'enfant, à la pipette ou en sonde de gavage. (dans ce cas-là, le tire-lait est la meilleur solution)
Il existe une méthode d'expression manuelle du lait (la méthode MARMET), qui peut être pratique si vous n'avez pas de tire-lait (méthode marmet, vour le site lelienmarmet.com)

Quelles positions pour allaiter?
Le démarrage de l'allaitement peut sembler douloureux du fait de divers facteurs:
- Inconfort dû à la position statique
- Sonde urinaire empêchant de s'asseoir
- Tranchées (contractions de l'utérus), plus douloureuses du fait de la césarienne.

Pour cela, il est bon d'essayer diverses positions permettant d'allaiter votre enfant le plus confortablement possible:
Couchée (cette position est intéressante peu après la naissance, lorsqu'il ne vous est pas encore possible de vous asseoir)
- Relevez doucement un côté du lit pour vous en servir afin de vous mettre en position semi assise
- Tournez vous doucement à l'aide des barreaux, ou en vous aidant de votre mari, ou d'une infirmière.
- Placez un coussin sous le ventre pour éviter les sensations trop douloureuses, les étirements, les coups de pieds de bébé dans le ventre.
- Calez-vous le dos avec des coussins et glissez-en un entre vos genoux.
Placez ou faites placer bébé sur le coté face à vous, ventre contre ventre, de façon à ce que sa bouche soit face au mamelon.
- Comme vous donnez sûrement les deux seins, n'hésitez pas à demander de l'aide pour vous retourner.
- Si se coucher sur le côté est trop inconfortable, il est aussi possible d'allaiter couchée à plat dos, légèrement relevée et bébé placé en travers de votre poitrine.

assise
- Relevez ou faites relever le dossier de votre lit, à la verticale ou presque.
- Relevez le pied du lit ou faites placer un coussin sous vos genoux.
- Placez un oreiller sous votre bras et sur votre ventre.
- Placez votre bébé ventre à ventre, sa bouche face au mamelon.

Le ballon de rugby
Cette position consiste à passer les jambes de bébé, s'il tête le sein droit, sous votre bras droit. Il est donc allongé contre votre côté, au lieu d'être allongé en travers de votre ventre. Cette position peut permettre d'éviter que votre bébé repose sur votre ventre.

Allaiter après une césarienne programmée
Montée de lait retardée
Dans le cas où une césarienne est programmée, qu'elle soit de première intention ou itérative, la femme va donner naissance sans avoir eu la moindre contraction. Or durant un accouchement physiologique se met en place une sécrétion, tant par la mère que par l'enfant, de différentes hormones, et notamment la prolactine qui démarre le processus de production lactée. Une femme qui donne naissance par césarienne sans avoir eu une seule contraction n'aura bien évidemment pas de sécrétion naturelle de prolactine, ce qui peut induire une mise en route plus lente du processus de lactation, la production du lait n'étant alors induite que par la succion de l'enfant.

Il est alors d'autant plus important de procéder à une tétée précoce (et donc de séparer la mère de son bébé le moins longtemps possible après la césarienne), et si possible de pratiquer la césarienne le plus tard possible durant la grossesse, afin que le bébé soit le plus mature possible et ait un bon réflexe de succion.

Immaturité de succion
Les césariennes programmées étant le plus souvent pratiquées à 38 ou 39 semaines, cela peut être trop tôt pour certains bébés qui pourront ne pas avoir un réflexe de succion efficace - et ce d'autant plus quand la date de terme n'est pas certaine.

Par ailleurs, un bébé né à 38-39 semaines est plus petit qu'un bébé né à terme et est susceptible d'avoir une perte pondérale plus importante (ou plus inquiétante) durant ses premiers jours. Si par ailleurs il n'arrive pas à téter correctement, l'allaitement peut être compromis ou avoir des difficultés à se mettre en place.

Problèmes / Questions fréquentes
Bébé endormi
Du fait des diverses prises médicamenteuses ou des anesthésies nécessaires à l'accouchement, d'une certaine souffrance foétale, votre enfant peut se trouver relativement endormi. Il est donc nécessaire de guetter les moindres signes vous permettant de le mettre au sein aux moments les plus favorables, c'est-à-dire lorsque l'enfant bouge les mains, fait des mouvements de succion avec sa bouche, bouge les paupières...
Si vous proposez le sein à ce moment, il est très probable que l'enfant s'en saisisse pour une tétée goulue. Il est inutile, voire néfaste, de laisser l'enfant crier pour réclamer son dû... Ainsi, dès que vous sentez que c'est le moment, demandez au père ou au personnel de la maternité de vous aider à mettre l'enfant au sein.

Puis-je prendre des anti-douleurs?
La douleur que vous pouvez ressentir après la naissance nécessitera peut-être la prise d'anti-douleurs. La plupart peuvent être pris au démarrage de l'allaitement, le colostrum se trouvant déjà dans les seins bien avant la naissance.
- Paracétamol (Ces antalgiques ne posent aucun problème à l'enfant.)
- Dérivés morphiniques (Selon le Dr Marie Thirion, s'ils sont répartis régulièrement sur la journée, les dérivés morphiniques n'auraient aucune incidence sur l'enfant.)
- Produit à péridurale (Une alternative intéressante à discuter, en cas d'anesthésie péridurale, est de conserver le matériel nécessaire à d'autres injections (cathéter) durant les premières heures après la naissance.)

Vous pouvez également consulter Quel antalgiques donner ? sur le site santé allaitementmaternel.com

En conclusion
Faites-vous confiance et faites confiance à votre enfant, vous et lui, êtes les mieux placés pour savoir ce qu'il lui faut, au moment où il le demande. Vos capacités de mère sont inépuisables, croyez en vous, et ne laissez pas perturber ces moments si profonds et intenses par des avis négatifs et des conseils contradictoires.

Nous vous souhaitons de grandes tétées goulues et chaleureuses ! N'hésitez pas à la moindre interrogation, au moindre doute, au moindre moment de découragement, à faire appel à un réseau de soutien à l'allaitement maternel, pour y trouver réponses et chaleur humaine.

Aspects psychologiques.
Il est parfois difficile de gérer les émotions que l'on ressent après avoir donné la vie, vis-à-vis de son enfant ou de son entourage. Un décalage entre devenir parent, découvrir sa progéniture, et le bonheur socialement correct que l'on attend de chaque famille à l'arrivée d'un enfant.
Pourquoi ces sentiments contradictoires, pourquoi une tristesse, pourquoi cet enfant mis au monde peut vous paraître étranger, pourquoi vous sentir tellement en décalage avec votre entourage, sans réussir à exprimer, ou à faire comprendre vos sentiments?

En quoi une césarienne diffère-t-elle d'un accouchement normal?
L'imaginaire de l'accouchement
A partir du moment où vous vous savez enceinte, vous allez passer 9 mois à vous construire futur parent, envisager la naissance, imaginer cet enfant.

La naissance arrive, différente de ce que vous aviez imaginé, espéré, attendu. Différente de ce à quoi vous vous étiez préparée. Et c'est d'autant plus vrai pour une naissance par césarienne, car non seulement la réalité est toute autre, mais en plus, cette naissance n'a rien en commun avec l'imaginaire collectif et social.

A l'idéal, vous, futurs parents, mettez 9 mois à construire l'image de votre nouvelle parentalité, de votre enfant, de votre idéal d'accouchement, en concilliant votre contexte socio-culturel, vos envies personnelles, les projections de "comment vous voulez être en tant que parent".

Dans l'idéal vous tentez de vous préparer à un accouchement.
Dans votre imaginaire, et dans l'imaginaire collectif (ce n'est pas forcément la même vision!), un accouchement pourra être un accouchement physiologique ou un accouchement plus médicalisé (voire la plupart du temps un peu de l'un et un peu de l'autre). Dans l'imaginaire, la représentation de l'accouchement reste souvent très liée à la sortie "par voie basse". Il faudra donc faire le lien entre "l'idée d'accouchement", et "votre césarienne".

Le rôle des hormones, le rôle actif de la mère
Que se passe-t-il dans votre corps qui pourrait vous aider à mieux vivre l'accouchement, ou pourquoi un accouchement physiologique semble mieux adapté pour "mieux vivre" l'après la naissance ?

Lors d'un accouchement physiologique le corps vous prépare doucement, psychologiquement, à faire face à ce qui est en train de se produire, vous intervenez en entier, les hormones, les positions, les chants/paroles, tout intervient pour préparer la naissance. Vous êtes actrice de votre accouchement, vous vous impliquez physiquement et psychiquement dans cet évènement.

A l'extrême inverse une césarienne est antiphysiologique, hyper médicalisée. Cette chirurgie liée à la naissance ne vous laisse pas beaucoup de marge de manoeuvre pour vous impliquer dans cette naissance. Le physique subit des gestes invasifs qui ne sont pas ressentis dans un présent mais ressentis/imaginés avec un décalage de temps, de réalité.

Vous êtes confrontée à une naissance à laquelle vous n'avez pas participé, tout au plus vous consulte-t-on pour le choix d'une date (à moins d'avoir la chance d'être entourée d'une équipe à l'écoute de vos souhaits...)

La fracture entre le rêve et la réalité
Comment faire pour appréhender cette fracture entre l'idéal de l'accouchement et la réalité, d'autant plus si cette réalité est stigmatisée par une chirurgie ?

Comment faire face à la naissance (en partant du postulat que chaque grossesse, enfant, naissance est unique) si le corps humain se dérobe - car pour beaucoup d'entre vous une césarienne est vécue comme une démission d'un corps qui n'a pas assuré ses fonctions ?

Après la césarienne, cette trahison se paye d'autant plus que vous êtes rarement en condition physique d'assumer et assurer les soins au nouveau-né, vous vous retrouvez d'autant plus en décalage entre ce qui avait été idéalisé et ce que vous vivez, que vous rencontrez cette déception/douleur psychique, cette douleur physique, conséquente à la chirurgie.

La douleur physique peut trouver remède dans les apports médicamenteux. Il n'en reste pas moins que physiquement, vous êtes transformée avec cette cicatrice sur le bas du ventre ; ce signe que chaque jour vous voyez, vous touchez ou au contraire esquivez au mieux. Pour certaines, cette cicatrice est synonyme de mutilation : mutilation physique qui affecte très facilement le psychisme.

La douleur psychique peut avoir différentes origines, comme l'écart (pour ne pas dire le grand écart) entre votre idéal d'accouchement et la réalité de la chirurgie, ou parce que vous avez vécu ce moment seule, sans la présence du père qui est rarement admis au bloc opératoire. Cette absence peut être vécue comme un déchirement : ne pas voir le regard de votre conjoint à la découverte de votre bébé, ne pas vivre ce moment dans l'émotion à laquelle vous vous étiez préparée. Rien ne peut remplacer ces moments-là, mais beaucoup d'autres pourront être construits, et l'échange des sensations, des impressions avec votre conjoint pourra vous aider à cheminer.

La difficulté d'appréhender une naissance par césarienne vient aussi peut-être du fait que vous constatez la naissance de votre enfant, plus que vous ne le mettez au monde, comment construire ce lien d'attachement mère/enfant dans les meilleures conditions quand mère et enfant sont séparés pendant la période critique de l'attachement physiologique (cf Michel Odent : L'amour scientifié) ? Au mieux mère et enfant n'êtes que séparés, et vous avez pu être "spectatrice" de la naissance de votre enfant, au pire, comment faire pour reconnaitre sa progéniture quand vous avez été césarisée sous anesthésie générale ?

Lorsque votre bébé nait par césarienne sous anesthésie loco-régionale, vous le voyez, vous pouvez parfois le voir sortir de votre ventre, mais bien souvent, ce n'est pas le cas et vous le présente rapidement avant de le sortir du bloc, et vous ne le revoyez que 2 heures plus tard, après le passage en salle de réveil. Pour réparer cette rupture des premières heures, certaines mamans gardent leur bébé tout contre elle, sans interruption.

Il arrive que l'anesthésie doive être générale : la rupture est alors totale, vous ne savez même pas si ce bébé est ou non le vôtre ; seul le papa pourra raconter tout ce qu'il sait depuis le début, il fait le ainsi le lien entre vous, et votre bébé. La demande du dossier médical peut également servir de jonction entre les différentes étapes de la naissance.

Comment ne pas vous sentir décalée vis à vis de ce qu'on attend socialement d'une jeune maman, quand vous éprouvez des sentiments que votre famille, votre entourage ne comprend pas ?

Comment faire pour ne pas se sentir décalée entre être la mère de son enfant et la difficulté de se sentir mère, voire femme, parce que vous n'avez pas accouché par voie basse, "comme toutes les femmes", ce qui vous exclut du "clan des accouchées" ?
La trahison physique a un lourd retentissement psychique dans le rituel initiatique de la naissance (ce qui semble le cas pour tout accouchement instrumentalisé).

Le rituel de la naissance est très perturbé. Enceinte puis mère sans lien physiologique, sans passage, la déception de ne pas avoir cheminé mène souvent à un sentiment d'échec, de culpabilité (qui n'a pas entendu "et si j'avais dit non, si j'avais tenu quelques instants de plus, et si j'avais pu marcher...").

Cette constatation de passivité (on subit une chirurgie) est parfois vécue comme l'aveu d'une faute, victime "consentante".

L'entourage se met lui aussi parfois de la partie en ne comprenant pas votre douleur, votre desarroi, votre angoisse, en le niant même parfois. Qui n'a pas entendu que c'était mieux une césarienne, au moins on ne souffre pas, et puis bébé a la tête bien ronde, et les hommes de rajouter que le "passage" est toujours aussi agréablement étroit ?! Ces personnes ne se rendent simplement pas compte de la portée de leurs mots ; et puis il est très difficile d'entendre, d'accepter la douleur de l'autre. Le mieux est de choisir vos interlocuteurs en fonction de l'échange que vous recherchez.

Il arrive que la césarienne et tous les soins associés ne sauvent pas votre enfant. Vous pleurez votre enfant. Pour autant, vous avez aussi le droit de pleurer cette voie de naissance que vous ne désiriez pas. Et même si la césarienne était jugée la mieux pour tenter de sauver le bébé, même si l'équipe a réellement fait de son mieux pour vous, il se peut que vous vous en vouliez, que vous soyez frustrée.

Il existe des césariennes bien vécues... et pourquoi?
Tous ces questionnements toutefois ne sont pas vécus de la même façon, ni aux mêmes moments, ni avec la même intensité. Il se peut même qu'une chirurgie de césarienne soit bien vécue, ou du moins bien préparée : accompagnée, elle sera plus vécue que subie.
Certaines équipes médicales vous impliquent plus dans la naissance par césarienne, elles humanisent la chirurgie en vous préparant en tant que futurs parents. Vous pouvez parfois "négocier", préparer certains évènements de la césarienne. Ecouter et respecter vos souhaits de maman, respecter votre intégrité physique (accepter que vous gardiez vos lunettes au bloc opératoire par exemple), ou vous faire participer (même si votre corps ne peut réagir, le mental semble être "soulagé" par une demande de poussée au moment où l'obstétricien extrait l'enfant du ventre). Certaines équipes médicales vous seront présentées avant l'intervention, toujours dans un souci de respect et d'humanisation.
Evidemment l'explication, la compréhension de la raison de césariser, que ce soit en urgence ou non, est primordiale pour ne pas avoir de doute sur la légitimité de l'acte. Peut-être aurez vous besoin, pour accepter votre césarienne, de comprendre "pourquoi" ça s'est passé, "comment" vous en êtes arrivée là, pour faire la paix avec ce moment - à ce titre, demander votre dossier médical peut être une aide précieuse.

On pourrait penser aussi que l'incontestabilité de la césarienne peut être un facteur pour mieux la vivre, notamment lorsque la césarienne a permis de réellement sauver mère et/ou enfant, mais la réalité n'est pas si simple. Beaucoup de mères culpabilisent encore plus dans ces cas-là de ne pas se "satisfaire" de cette naissance. Oui, la césarienne a sauvé votre bébé, mais vous avez aussi le droit de souffrir de cet acte.

Peut-être également découvrirez-vous des liens avec votre propre passé (votre propre naissance, par exemple), qui apporteront un éclairage nouveau sur votre césarienne.

Cette étape de reflexion, de compréhension, peut être très douloureuse, car elle va peut-être remuer des choses profondément enfouies en vous. Mais vous en sortirez plus forte.

La présence du père au bloc peut aussi être d'un grand secours pour la construction de la naissance, il devient le gardien du rituel de la naissance, un peau à peau au bloc, puis en salle de réveil, jusqu'à une tétée précoce, tout pour que l'attachement ait lieu dans le calme et le respect.

Tous ces éléments peuvent contribuer à ce que la césarienne se passe bien, sur l'instant et durablement.

Se relever d'une césarienne mal vécue!
Malheureusement une césarienne bien vécue n'est pas aussi fréquente qu'une césarienne qui laissera, outre une cicatrice physique, des traces psychiques. Comment accepter ces doutes, ce mal être, cette distance entre ce que vous vivez et ce que vous avez espéré, imaginé, et la réalité ?

Des témoignages de mamans laissent penser que reconstruire un lien maternel par le biais de l'allaitement ou du maternage est possible.

Vous pouvez également tenter de vous approprier cette partie de vous qu'est la cicatrice en la touchant, en y trouvant un symbole positif. Certaines mamans y voient un sourire, le sourire de la vie, d'autres voient en cette marque une preuve indélébile de leur maternité. Accepter cette cicatrice, et son histoire est parfois un long chemin qui se fait au gré de multiples échanges.

Accepter ce que vous vivez n'est pas chose aisée et parfois aux vues des réactions d'un entourage socio-familial il est impossible de parler de ce que vous ressentez. Pourtant, accepter sa césarienne vient aussi en en parlant. En parlant à des personnes qui ne jugent pas, qui ne sont pas impliquées. Partager votre ressenti et votre vécu avec des personnes qui peuvent entendre, comprendre et accepter ce qui est dit, des personnes qui ont vécu des expériences similaires ou des professionnels (psychologue, psychothérapeute, thérapeute cognitivo-comportementaliste, etc...).

Mal vivre votre césarienne ne signifie pas forcément que vous serez malheureuse en permanence. Mais, vous pourrez vous surprendre à pleurer devant des récits de naissance par voie basse, devant des photos de bébés, vous vous découvrirez peut être jalouse devant votre belle-soeur ou cousine et son accouchement "idéal" a vos yeux (... mais pas forcément aux siens). Vous aurez peut-être envie de refaire très vite un autre enfant, pour enfin "accoucher".

Vous pouvez travailler sur la réalité de ce que vous avez vécu en écrivant ce que vous aimeriez changer (ex : j'aurais dû tenir plus longtemps sans péridurale, j'aurais dû marcher pour aider le travail plus longtemps), y associer la réalité de ce qui s'est produit (ex : j'ai pris la péridurale à 3 cm de dilatation, j'ai tout de même marché 2 heures), et replacer le contexte du moment (ex : j'ai pris la péridurale / arrêté de marcher parce qu'à ce moment-là, j'étais à jeûn depuis 12 heures, je n'avais pas dormi de la nuit, et que, à ce moment-là, dans ces circonstances-là, je ne pouvais pas faire plus).

Accepter cette réalité des faits, être indulgente avec vous-même, c'est important.
Vous pouvez aussi positiver vos actes (par exemple, transformez "je n'ai pas été capable de marcher plus de 2 heures" en "j'ai réussi à marcher pendant 2 heures !")

Comment envisager une grossesse suivante...
Lorsqu'une nouvelle grossesse s'annonce, ou est envisagée, un certain nombre de questions, de pensées refoulées refont alors surface. La précédente naissance plane au-dessus de votre tête. C'est vrai pour la naissance par césarienne, mais aussi pour la naisance prématurée, ou par voie basse décevante, ou même après une voie basse heureuse.
Les démons d'une première, ou de plusieurs grossesses dont l'issue a été la césarienne reviennent. Certaines craignent même de vouloir un nouveau bébé rien que pour accoucher, en découle un sentiment de culpabilité en rapport avec cette nouvelle grossesse.
Il faut garder à l'esprit que désirer un nouvel enfant se joue avec une multitude de facteurs. Vouloir être enceinte, vouloir sentir un bébé dans son ventre, vouloir accoucher, vouloir allaiter, vouloir tenir un petit être dans ses bras, etc. Quelques fois, vous pouvez penser qu'un de ces facteurs prédomine et vous sentir coupable.

Certaines peuvent adopter la position d'"autruche", c'est-à-dire que vous restez campée sur le fait que "je vais bien, tout va bien", vous ne souhaitez pas entendre parler de l'issue de la grossesse, et encore moins de césarienne. Ca se comprend bien, et ça peut porter ses fruits. C'est une tactique de jeu particulière.

Pour un certain nombre d'entre vous, l'idée d'un prochain accouchement n'arrive que lorsque vous êtes bel et bien enceinte, et pour d'autres, la "prise de conscience" se fait bien avant même le projet concret de grossesse. Il n'y a pas de règle à respecter, chacune fait selon son histoire et ses besoins.

Et les papas dans tout ça?
Ne les oublions pas...

Bien souvent lors d'une naissance, c'est vers la mère et le bébé que se portent toutes les attentions. Ils ont cependant également vécu leur lot d'émotions lors de ce grand évênement...

Pour les pères, la naissance par césarienne de leur enfant peut également être un évênement plus ou moins difficile à vivre. Peur pour la santé de leur bébé et/ou de leur conjointe, sentiment d'impuissance et de mise à l'écart (spécialement lorsqu'ils ne sont pas autorisés au bloc opératoire), frustration de ne pas avoir été là pour les premiers instants de leur enfant, culpabilité, craintes pour l'avenir... Pour certains, après le soulagement d'avoir un bébé et une femme en bonne santé, la joie d'être papa fait vite oublier ces moments difficiles. Pour d'autres, cela reste une blessure de n'avoir pas pu accueillir leur enfant dans les conditions qu'ils espéraient.

La mère étant limitée dans sa mobilité les premiers jours, les papas sont souvent plus requis pour s'occuper de leur enfant que lors d'une naissance par voie basse où la maman est plus vite sur pied. Ils peuvent alors en profiter pour établir un lien plus précoce avec leur nouveau-né, là où la maman est parfois plus "exclusive" lors d'une voie basse.

Certains pères peinent à comprendre le mal-être de leur femme, alors que "tout va bien maintenant". Ce n'est pas forcément évident pour eux, en tant qu'homme, de se mettre dans la peau d'une mère et de comprendre à quel point la naissance peut être un moment important dans la vie d'une femme. Ils peuvent être déstabilisés par cette souffrance qui leur semble démesurée. Là encore, le dialogue est important et permet de cheminer l'un vers l'autre.

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Commentaires (1)

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