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Césarienne... suite

Techniques de la césarienne


L'opération
Il existe différentes pratiques pour ces étapes ; la technique la plus récente et la plus prometteuse est celle de Misgav-Ladach, qui permet de réduire les suites douloureuses.

Inciser la peau
L'incision sera dans la plupart des cas horizontale, cachée dans les poils du pubis.
L'incision verticale n'est plus que très rarement pratiquée. Elle permet au chirurgien de gagner quelques précieuses secondes, et ne sera utilisée qu'en cas d'urgence absolue, ou parfois en cas d'obésité. L'ouverture est située un tiers au dessus du nombril, deux tiers au dessous (plus d'informations sur le site de l'OMS). L'incision verticale de la peau est en général combinée avec une ouverture corporéale (verticale) de l'utérus (voir plus bas).

Il existe principalement 2 types d'incisions horizontales de peau:
- Pfannenstiel
- Joel-Cohen

(ce sont des noms que vous pourrez retrouver sur votre compte-rendu opératoire). Ces deux techniques semblent être similaires en termes de résultats, de douloureur et d'infections! Toutefois, la technique de Joel-Cohen parait légèrement plus rapide.

La laparotomie (écarter les muscles abdominaux)
Il y a plusieurs couches à traverser:
- L'aponévrose (paroi entourant les muscles abdominaux)
On ouvre cette membrane sur 2 cm, au scalpel, puis on agrandit l'ouverture avec les doigts.

- Les abdominaux (muscles appelés grands droits)
Au niveau de votre nombril, il existe une ligne verticale de faiblesse naturelle des muscles appelé ligne blanche. Il suffit d'écarter les muscles selon cette ligne, avec les doigts (pas de scalpel).

- Le péritoine (membrane entourant les viscères)
Là encore, les techniques récentes préconisent une ouverture aux doigts.

L'hystérotomie (ouvrir l'utérus)
Si la césarienne est pratiquée en fin de grossesse, l'incision pratiquée sera «segmentaire transverse», c'est-à-dire que le segment inférieur de l'utérus, zone apparaissant entre le corps de l'utérus et le col de l'utérus, sera incisé. L'incision est, là aussi, horizontale.

Dans le cas d'une césarienne très précoce, avant le 7ème mois de grossesse, l'incision est nécessairement corporéale (sur le corps de l'utérus), car le segment inférieur ne s'est pas encore déployé. Ce type d'incision permet également de gagner quelques secondes en cas de césarienne en urgence absolue. Dans ce cas, l'incision est verticale. Voir le site www.femiweb.com pour des informations complémentaires sur ce type d'incision.

Il existe également une technique d'incision en T : le chirurgien commence une incision segmentaire transverse, puis devant une difficulté imprévue, se voit contraint d'agrandir l'incision, ce qu'il ne peut faire que verticalement.

L'incision en T et l'incision corporéale mènent à des cicatrices moins solides (risque de rupture utérine plus élevé) - dans ce cas, par prudence, les accouchements suivants seront des césariennes.
Là encore, les techniques récentes consistent à ouvrir l'utérus avec un scalpel sur 2 cm, puis à déchirer à la main le muscle.

Sortir le bébé
Le chirurgien passe ses mains dans l'ouverture, et extrait le bébé. Le plus souvent, la tête sortira en premier ; pour un bébé en siège, ce sont les fesses qui sortiront en premier. Le cordon ombilical est coupé, puis le chirurgien extrait également le placenta.(Voir le site de l'OMS pour des schémas d'extraction du bébé. )

Jusqu'ici, l'opération a été extrêmement rapide : quelques minutes à peine sont nécessaires pour faire naître l'enfant.

Refermer l'utérus
Là encore différentes techniques existent.
Selon la technique, le chirurgien va sortir l'utérus du ventre pour faire cette suture (extériorisation de l'utérus (technique réduisant les pertes de sang), ou l'effectue avec l'utérus encore dans le ventre.

Puis l'utérus est suturé, selon les chirurgiens, sur 1 plan ou sur 2 plans (une couture ou deux coutures). Ne faire qu'un seul plan est plus rapide et réduit les douleurs post-opératoires, mais il semble que la suture en 2 plans réduise les risques de rupture utérine lors d'un accouchement ultérieur.

Refermer les muscles
- Selon les techniques, le péritoine est recousu ou non (ne pas le suturer permet une réduction des adhérences)
- Les muscles abdominaux eux-mêmes ne sont pas suturés (ils se referment tout seuls).
- L'aponévrose (membrane entourant les muscles), elle, est refermée.

Refermer la peau
La peau peut être suturée suivant plusieurs techniques :
- surjet résorbable
- agrafes
- points classiques (barreaux d'échelle)

Une étude comparant surjet sous-cutané et agrafes semble démontrer l'intérêt du surjet en termes d'esthétique et de confort post-opératoires. Par ailleurs, les agrafes sont plus onéreuses, mais se posent plus rapidement. Les points classiques ("barreaux d'echelle" ne semblent que rarement pratiqués.

Parfois un drain (ou redon) sera laissé en place 48h pour favoriser l'écoulement de liquides mais ce geste est de plus en plus rare. La fin de l'opération, après la naissance du bébé, prend de 45 minutes à une heure suivant les techniques choisies.

L'anesthésie
Il existe à l'heure actuelle différents types d'anesthésie pour effectuer une césarienne. Le plus souvent il s'agira d'anesthésies loco-régionales telles que la rachi-anesthésie ou la péridurale, mais 29% des césariennes se déroulent sous anesthésie générale.

Anesthésies loco-régionales
Il faut noter qu'il n'existe pas "une" anesthésie péridurale ou "une" rachi-anesthésie: suivant les produits utilisés, leur dosage, votre propre physiologie, les effets peuvent différer.

La rachi-anesthésie
La rachi-anesthésie consiste à injecter dans la colonne vertébrale, à l'intérieur de la dure-mère (enveloppe du système nerveux central), une dose unique de produit anesthésiant. On parle d'injection intrathécale. Une fois l'injection réalisée, aucun cathéter ne reste en place, il s'agit donc d'une anesthésie à durée limitée (environ 2 heures dans le cas d'anesthésiques locaux, plus longtemps si on y ajoute des dérivés morphiniques), mais suffisante lorsqu'on sait qu'une césarienne prend moins d'une heure.

Une rachi-anesthésie peut être posée très rapidement (pose 2 à 3 minutes, action quasi immédiate des produits injectés) mais si l'anesthésiste rencontre un problème (dos "difficile" ou simplement pas de chance) et doit s'y reprendre à plusieurs fois, une quinzaine de minutes peuvent être nécessaires.

L'anesthésie péridurale
La péridurale consiste à injecter dans la colonne vertébrale, mais à l'extérieur de la dure-mère, une dose de produit anesthésiant qui va agir sur les nerfs présents dans cet espace. Un cathéter reste en place, afin de pouvoir remettre des doses de produit, lorsque l'effet de celui-ci disparaît (environ 2 heures). La pose est un peu plus longue que pour la rachi-anesthésie (nécessité de placer le cathéter). L'effet de l'anesthésiant se fait sentir après environ 15 minutes. La pose en elle-même, comme pour la rachi-anesthésie, peut être très rapide ou nécessiter quelques essais.

La RPC ou (PRC ou PRS)
Une technique émergente, la RPC (rachi-péridurale-combinée, ou péri-rachi-combinée, ou péri-rachi-séquentielle - en anglais on parle de "combined spinal-epidural") consiste à effectuer dans le même temps une rachi-anesthésie plus la pose d'un cathéter de péridurale. Cette technique permet de combiner la rapidité d'action de la rachi-anesthésie, avec la possibilité d'une anesthésie à long terme de la péridurale (réinjections de doses de produit, par exemple après l'opération, pour continuer à anesthésier cette zone).

Les produits utilisés
Il existe différents types de produits anesthésiants:

Les anesthésiques locaux, qui inhibent le transfert de l'influx nerveux (donc la douleur) au niveau des nerfs eux-mêmes. Le produit le plus fréquemment utilisé est la Bupivacaïne. Ces produits ont pour effet de bloquer le transfert de l'influx nerveux également sur les nerfs moteurs, ce qui signifie que vous ne pouvez que difficilement contrôler vos muscles (impossibilité de marcher).

Les dérivés morphiniques (parfois appelés opiacés) permettent de diminuer la dose nécessaire d'anesthésiques locaux (donc les effets secondaires de ceux-ci, notamment l'action sur les nerfs moteurs). Utilisés seuls en injection intrathécale, ils permettent une diminution partielle de la douleur, sans bloquer le fonctionnement des nerfs moteurs.

Les risques d'une anesthésie loco-régionale sont globalement plus faibles que ceux d'une anesthésie générale. Cependant il peut se produire les cas suivants:

- La péridurale ne fonctionne que d'un coté (dans ce cas, si on n'a pas le temps d'en reposer une correctement, et on vous fera une AG)

- Risque de chute de tension (d'où la nécessité d'une perfusion pour maintenir la tension artérielle)
Après l'opération, vous pourrez ressentir des maux de tête bien spécifiques, liés à votre position (1% des cas), car il se sera produit lors de la pose de l'anesthésie une brèche de la dure-mère. Si la gène est trop importante pour céder à un traitement simple à base d'antalgiques et de repos, une intervention est possible : on ré-injecte du sang dans l'espace péridural pour que vos propres plaquettes comblent la brèche. L'intervention en elle-même ressemble donc à la pose d'une péridurale, sauf qu'on vous injecte votre propre sang au lieu d'injecter des anesthésiques:

- Les morphiniques peuvent provoquer des démangeaisons importantes.

- La complication la plus grave reste la réaction allergique aux produits utilisés (ce risque est évalué par l'anesthésiste lors de la consultation obligatoire).

- Douleurs locales au point d'injection, après l'opération.

- Formation d'un hématome péridural, grave complication qui ne se produit que lorsque votre taux de plaquettes est trop bas, c'est pour cela qu'une prise de sang est systématiquement réalisée avant une anesthésie de ce type

- Risques infectieux, extrêmement rares.


Les avantages:
Ce type d'anesthésie est nettement moins risqué qu'une anesthésie générale. Les suites sont plus faciles. De plus, une anesthésie loco-régionale vous permet d'être consciente au moment de la naissance.

Anesthésie générale
Elle consiste à vous plonger dans un état d'inconscience complet. Cette anesthésie est pratiquée le plus tard possible afin d'éviter l'exposition de votre bébé aux produits anesthésiants.
Entre autres actions, il faut:
- poser une perfusion
- assurer une ventilation d'oxygène
- injecter un narcotique plus un dérivé de curare
- vous intuber (car vous ne pouvez plus respirer suite à l'administration de ce dernier)
- extraire votre bébé
- puis retirer l'intubation lorsque les effets du curare disparaissent.

Cette anesthésie est très rapide à mettre en place puisqu'il s'agit d'une simple injection intraveineuse.

Les risques:
Les risques d'une AG sont principalement:
- Une réaction allergique aux produits utilisés
- L'inhalation gastrique, c'est-à-dire le risque de reflux du contenu de l'estomac dans les poumons (d'où la recommandation d'être à jeun pour une AG).

On peut noter qu'une anesthésie générale est considérée comme plus risquée chez une femme enceinte que chez une femme non enceinte. Les modifications physiologiques dues à la grossesse augmentent le risque d'inhalation gastrique car l'estomac d'une femme enceinte n'est jamais totalement vide, et l'intubation est plus difficile car les muqueuses sont plus fragiles.

Les avantages
Ils sont principalement médicaux et liés à l'urgence. On obtient rapidement, avec des risques maîtrisés, un endormissement.

Critères de choix pour la césarienne
Les contre-indications à l'anesthésie loco-régionale
En cas de contre-indication à une anesthésie loco-régionale (péridurale/rachi), la césarienne devra se dérouler sous anesthésie générale.

Les contre-indications classiques sont:
- Troubles de la coagulation
- Infection cutanée
- Fièvre
- Anomalie de la colonne vertébrale
- Problème local à la zone d'injection (grain de beauté ou, pour certains anesthésistes, un tatouage).

Pour une césarienne programmée
Si vous ne présentez aucune de ces contre-indications, vous bénéficierez probablement d'une rachi-anesthésie pour l'opération elle-même, qui est à l'heure actuelle le mode d'anesthésie préféré par les médecins.

Pour une césarienne en cours de travail
Si vous ne présentez aucune des contre-indications, le degré de rapidité auquel doit être effectuée la césarienne sera le critère décisif.

De manière générale:
- Si vous êtes sous péridurale, on se contentera d'augmenter la dose de produit dans le cathéter déja en place
- Si une rachi-anesthésie peut être posée (si on dispose d'une quinzaine de minutes - marge de sécurité au cas où la pose du cathéter serait difficile), elle sera préférée, mais si la situation est grave et urgente, l'anesthésie générale pourra être choisie car elle assure un temps d'action "maximum" de quelques minutes.


Et aprés l'opération?
La morphine en péridurale semble être une bonne stratégie de traitement de la douleur post-opératoire, malgré les effets secondaires (prurit). Elle peut être utilisée si on vous a fait une césarienne sous RPC ou sous péridurale.

Autre possibilité: certains mélanges de produits utilisés en rachi-anesthésie semblent avoir des effets à longue durée. La morphine peut assurer plus de 12 heures d'analgésie après une injection intrathécale unique.

Le paracetamol (en comprimés ou dans votre perfusion si celle-ci est encore en place) est couramment prescrit. D'autres anti-douleurs (de type ibuprofène) peuvent vous être proposés mais en cas d'allaitement il peut y avoir des contre-indications.

Dans les cas de douleur aigüe, la morphine peut être injectée en intra-veineuse.

La présence du père
Tout comme lors de l'accouchement par voie basse, certains pères ne désirent pas être présents aux côtés de leur femme pour la naissance de leur enfant, pour des raisons qui leur sont personnelles, raisons qui sont en général respectées... Dans la même optique, il est légitime de respecter le souhait d'une maman d'être accompagnée par la personne de son choix lors de son accouchement, donc de sa césarienne.

Le terme "accompagnant" est désigner pour la personne présente aux côtés de la mère, même si le plus souvent il s'agit du père. Bien entendu, vous pouvez choisir d'être accompagnée par votre mère, meilleure amie, sage-femme, doula, pendant que le père reste à la maison avec vos grands enfants… Il n'y a pas de règle en la matière.

Comment cela se passe-t-il?
Vous entrez en salle de césarienne. Pendant qu'on vous installe sur la table d'opération, qu'on pose la sonde urinaire et qu'on vous rase, quelqu'un (votre sage-femme ou une infirmière) explique à votre accompagnant comment se préparer (blouse, charlotte, chaussons.)

Votre accompagnant entre ensuite, avant le début de l'intervention, et se place à coté de votre tête.

Vous êtes donc, tous les deux, derrière le champ opératoire qui aura été installé pour vous cacher l'opération elle-même. En d'autres termes, pas plus que vous, votre accompagnant ne voit ce qui se passe (scalpel, sang, sutures, etc…).

Ensuite, une fois que le bébé est né, selon vos souhaits, l'accompagnant va avec votre enfant pour son premier bain (en général dans une autre pièce), ou reste avec votre enfant en peau à peau près de vous pendant qu'on vous recoud, ou encore reste près de vous pendant qu'une puéricultrice fait les premiers soins à votre enfant. A vous d'inventer la manière dont vous voulez vivre cet instant.

Pourquoi demander la présence d'un accompagnant?
Pour le père:
La première raison, et la plus évidente, pour être accompagnée du père de l'enfant, est que le père souhaite voir naître son enfant, de même qu'il l'aurait vu naître s'il était né par voie basse.

Plus spécifiquement à la césarienne, attendre dans le couloir pendant que son enfant naît peut être vécu comme un moment difficile, et ce d'autant plus qu'il s'agit d'une césarienne d'urgence suivant un accouchement pénible. En effet, le plus souvent, personne ne pense à rassurer le père resté dans le couloir, jusqu'au moment où l'enfant naît, ce qui peut être très angoissant.

En donnant le premier bain, en étant là pour les premiers instants, le père peut vivre des moments privilégiés et créer le lien avec son enfant. Il peut apprécier de se sentir utile en s'occupant de son enfant, en "prenant le relais" de la mère momentanément immobilisée.

Pour la mère:
Plus généralement, la présence d'un accompagnant vous permet de vivre cette naissance devenue un geste médical dans un contexte tout de même humain et familial.

Elle peut vous aider à surmonter votre déception, s'il s'agit d'une césarienne en cours de tr avail.

Dans le cas d'une césarienne en cours de travail toujours, le fait de passer d'une salle d'accouchement dans une ambiance relativement calme, à une salle d'opération froide avec beaucoup plus d'intervenants qui s'affairent à vous raser, piquer, badigeonner de bétadine, est quelque chose d'assez stressant. La perspective de se faire ouvrir le ventre, lorsqu'on n'avait pas envisagé cela avant, est inquiétante. Se raccrocher à une main ou à un regard familier permet d'atténuer le choc.

En cas d'anesthésie locale, l'opération n'est pas forcément une partie de plaisir. Vous pouvez avoir des nausées, des tremblements, vous pouvez sentir ce qui se passe et ne pas trouver cela agréable. Un soutien est plus qu'appréciable.

En cas d'anesthésie générale, l'accompagnant devient "la mémoire" de votre accouchement. Il est le seul à pouvoir vous raconter comment votre enfant était à sa sortie, son premier cri... Cela peut également être vrai en cas d'anesthésie locale. Certains produits pouvant vous rendre un peu désorientée, vos souvenirs ne seront pas forcément précis.

Bien sûr, votre gynécologue pourrait également vous raconter cette naissance, mais cela ne serait pas exactement la même chose, la dimension émotionnelle ne serait pas restituée, et puis vous ne pourriez pas lui demander de vous re-raconter l'histoire, encore et encore...

Et lorsqu'enfin on vous ramène votre bébé (en salle de réveil, voire plus tard), si l'équipe a oublié de vous montrer votre bébé à sa naissance, vous pouvez avoir un sentiment d'irréalité, "c'est forcément le mien, mais... est-ce bien le mien?". Là encore, l'accompagnant est précieux, le simple fait qu'il ait été présent permet de dissiper vos doutes.

Pour le bébé:
L'accompagnant pourra accueillir votre bébé suivant vos souhaits.

Par exemple, il peut lui donner son premier bain et l'habiller, ce qui vous rassure car c'est une personne de votre connaissance qui s'occupera de votre enfant.

Autre possibilité, il peut simplement rester en peau à peau, sous vos yeux, pendant qu'on vous recoud, ce qui sera pour vous la première étape de votre vie de famille. Si vous avez établi un projet de naissance avec souhait ou refus d'un certain nombre d'actes, votre accompagnant peut veiller à ce que vos souhaits soient respectés ou vous expliquer pourquoi ils n'ont pas pu l'être.

Plus généralement, l'accompagnant est le lien entre votre bébé et vous, le seul à pouvoir agir pendant que vous êtes allongée sur la table d'opération.

Peut-on vous refuser un accompagnant:
Voici des réponses données par des gynécologues ou anesthésistes à cette question:
"Ca ne se fait pas ici".
Vous pouvez vous heurter à ce type de refus, qui n'est pas argumenté, et qui sera quasiment impossible à contourner s'il est érigé en système.
"Asepsie"
Cet argument n'est pas réellement valide, puisque d'une part, votre accompagnant suivra les mêmes règles d'asepsie que les autres personnes présentes (lavage des mains, blouse, charlotte…), d'autre part de nombreuses personnes seront bel et bien présentes au bloc, qui ne seront pas spécialement plus "stériles" que votre accompagnant (sages-femmes, puéricultrices, ...).
"S'il arrive une complication, je ne veux pas que le mari soit présent"
Vous êtes ici face au vécu de chaque chirurgien, qui a peut-être eu un jour à vivre une telle situation, et qui n'a pas envie que cela se représente. Il vous sera difficile d'argumenter.
"Je ne veux pas risquer que le mari se sente mal"
(c'est d'ailleurs le même argument utilisé pour le faire sortir lors de la pose de la péridurale : peur qu'il soit traumatisé par l'aiguille) Cet argument est en partie invalide, puisque la mère et l'accompagnant sont derrière le champ opératoire, et ne voient pas ce qui se passe. Ceci devrait être expliqué aux familles, mais au final, le chirurgien ne devrait pas prendre cette décision sans écouter l'accompagnant: A-t-il lui même des angoisses sur ses réactions, ou non.

Si vous tenez absolument à ce qu'un accompagnant soit présent le jour de la césarienne, et que votre gynécologue vous le refuse, n'hésitez pas à contacter le chef de service. Discutez avec lui des raisons de ce refus, et argumentez. Cependant, il se peut que tous vos efforts soient vains, et votre seule option sera alors changer de maternité. Dans ce cas, n'hésitez pas à écrire au chef du service que vous quittez, afin de lui expliquer les raisons de votre départ - petit à petit, vous pouvez ainsi contribuer au changement des mentalités.

La maternité
En salle de réveil
Selon les maternités, cette salle est commune aux autres opérés, et on n'accepte pas forcément la présence du papa ni du bébé, du fait des germes qui peuvent y circuler. Vous y resterez en général deux heures, mais cela dépend également des maternités. Cela peut être l'occasion de mettre votre bébé au sein, si vous souhaitez l'allaiter.

Après l'opération sous anesthésie loco-régionale, il est prudent de vérifier régulièrement votre tension artérielle, votre pouls, votre fréquence respiratoire, votre utérus et vos saignements, ainsi que vos urines. En cas de suspicion d'hémorragie, on vous ramène au bloc opératoire pour les soins nécessaires.

Après l'opération sous anesthésie générale, on vérifie la reprise de conscience. Peut-être aurez-vous été intubée, auquel cas vous aurez une canule dans la bouche, voire un masque à oxygène le temps que la respiration reprenne tout à fait.

La perfusion et le traitement contre la douleur
Vous avez une perfusion contenant des sels minéraux, du sucre, de l'eau pour vous hydrater, ainsi que des anti-douleurs, et des antibiotiques en cas de besoin. Vous conservez cette perfusion de quelques heures à quelques jours, en général elle est retirée lorsque vous buvez correctement.

Vous recevez un traitement contre la douleur, adapté en cas d'allaitement, car les jours post-opératoires sont bien souvent beaucoup plus douloureux que les suites d'un accouchement classique.

Si vous avez des nausées dues aux dérivés morphiniques utilisés, on vous donnera un antiémétique dans la perfusion.

L'anesthésie péridurale à faible dose peut être maintenue jusqu'à 48h selon les cas et les maternités.

La sonde urinaire
La sonde urinaire (placée car cette fonction est endormie lors de l'intervention) est retirée entre 8 et 24 heures après l'intervention afin de vous encourager à vous déplacer, et d'éviter les infections qu'elle pourrait provoquer.

Si les urines ne sont pas claires, on attend qu'elles le soient pour retirer la sonde. Elle est laissée plus longtemps (48h), s'il y a eu rupture utérine, dystocie dynamique, ou travail prolongé, oedème périnéal massif, infection puerpéale accompagnée d'une pelvipéritonite.

Si la vessie a été endommagée lors de l'intervention, la sonde est maintenue plus longtemps encore (7 jours).

La reprise du transit gastro-intestinal
Si la césarienne s'est passée sans complications, dans les 12 heures en général votre fonctionnement gastro-intestinal (qui a été endormi lors de l'intervention) se remet en route. Vous pouvez alors avaler des liquides.

S'il y a eu complication (infection, césarienne pour dystocie mécanique ou rupture utérine), on attend les borborygmes pour donner des liquides (thé, voire quelques biscottes), et les gaz pour donner du solide (en commençant par bouillon et yaourts).
Cela dit selon les endroits, une alimentation légère peut être donnée dès 6h après l'intervention.
La constipation peut être traitée à l'aide d'un laxatif, n'hésitez pas à en parler.

Les pertes de sang et les tranchées
Les lochies sont particulièrement importantes les 4 ou 5 premiers jours. Il s'agit d'un écoulement constitué de sang, de caillots de sang et de muqueuse utérine.
Les lochies sont évacuées grâce aux tranchées, qui sont des contractions aidant l'utérus à retrouver sa taille après la naissance (il faut pour cela environ un mois), similaires aux contractions de l'accouchement.

Celles-ci durent en moyenne entre 1 et 7 jours, sont plus douloureuses du fait de l'utérus fragilisé et endolori par l'intervention, et sont souvent plus désagréables au fur et à mesure des grossesses. L'allaitement renforçant ces tranchées, les pertes sont d'autant plus abondantes, et les contractions douloureuses.

Lors de votre séjour à la maternité, l'infirmière, la sage-femme ou l'obstétricien vérifient la capacité de votre utérus à se contracter en le palpant et parfois en appuyant dessus, ce qui facilite l'expulsion des petits caillots. Ces manipulations peuvent être douloureuses.

La fatigue
Vous serez probablement très fatiguée, et vous serez souvent sollicitée pour des soins.Vous aurez du mal à vraiment vous reposer. Demandez au papa d'encourager la famille à espacer les visites au maximum, et profitez de chaque instant pour vous reposer.

Après une césarienne, vous restez plus longtemps à la maternité qu'après un accouchement vaginal, en général vous sortirez 5 à 7 jours après l'opération.

La mobilité
Il est important que vous bougiez, aidée par les infirmières, afin de retrouver une meilleure respiration, et un fonctionnement gastro-intestinal normal. Même les mouvements de pieds dans le lit sont importants.

Commencez doucement, en évitant de solliciter les muscles du ventre, à ce titre la potence de lit peut être précieuse. Vous pouvez aussi installer des moyens de fortune comme une ceinture de robe de chambre accrochée aux barreaux du bout du lit afin de pouvoir vous redresser grâce à la traction des bras.

Parfois, vous disposez d'un lit avec télécommande, qui vous permet de vous mettre assise sans effort. Si ce n'est pas le cas, pour vous assoir, ramenez vos jambes pliées contre votre corps et roulez sur le côté pour ensuite vous aider de vos bras.


N'essayez pas de vous lever seule la première fois ! Pour vous mettre debout, commencez par vous asseoir au bord du lit comme décrit ci-dessus, en soutenant votre cicatrice. Les lits d'hôpital sont souvent fort hauts. Vous pouvez utiliser un marchepied (une valise peut faire l'affaire...) pour en descendre. Afin de ne pas avoir d'étourdissement, essayez de regarder droit devant vous, et non vers le sol. Vous pouvez avoir l'impression que vos intestins vont tomber :ce n'est qu'une illusion due à l'opération que vous avez subie. Evitez de vous courber, même si c'est difficile, il en va de la guérison.

La position assise ou semi assise les premières 24 heures n'est pas judicieuse dans la mesure où elle rend plus difficile la circulation du sang, donc la cicatrisation. Préférez la position allongée à plat dos les premiers temps, avec éventuellement une jambe remontée, pied posé à plat sur le lit. On peut également vous proposer la position assise dans un fauteuil confortable. Une respiration lente et profonde aide à oxygéner le sang, et donc à favoriser la circulation, et la cicatrisation. Il ne faut pas hésiter à demander conseil aux infirmières.

S'occuper de son bébé
S'occuper de son bébé n'est pas toujours facile les premiers temps, vous pouvez avoir peur de vous faire mal, d'être surprise par la douleur. A cette tâche déja difficile pour une maman venant d'accoucher, s'ajoute votre propre fatigue et les suites douloureuses de l'opération.

Simplifiez-vous la vie: Vous pouvez rapprocher le berceau de votre bébé près de votre lit, ou bien le prendre directement avec vous en calant votre lit contre un mur, ou en remontant une barrière de protection.

N'hésitez pas à vous faire aider par le papa, ou les auxilliaires de puériculture. Allez à votre rythme, ne forcez pas. Si vous êtes trop fatiguée, vous pouvez demandez aux auxiliaires de puériculture qu'elles gardent votre bébé en nursery pour une partie de la nuit.

Les complications
On les trouve dans 5 à 10% des cas, variables en terme de gravité. Elles sont 3 fois plus fréquentes lors d'une césarienne que lors d'un accouchement vaginal.

Les infections sont la complication la plus fréquente:
En cas d'infection, on administre des antibiotiques. Parfois, apparaît un hématome, ou un abcès sur la cicatrice, il suffit le plus souvent de traiter de façon locale. Des infections urinaires sont régulièrement décelées et traitées.

Les complications communes à toutes les interventions chirurgicales:
- Adhérences des tissus suturés avec les tissus à proximité.
- Problèmes de coagulation:
- la phlébite,
- l'embolie,
- thrombose veineuse sont assez bien évitées avec un traitement préventif: on administre un anticoagulant (héparine sous forme d'injection dans l'épaule, le ventre ou la cuisse) tout le long du séjour en maternité. Vous devrez parfois continuer ce traitement quelques jours après le retour à la maison. Il est possible qu'on vous conseille de porter des bas de contention afin de minimiser les risques de phlébite. Marcher (ou plus généralement : être active) permet également de limiter ce risque.

Les dérivés morphiniques utilisés contre la douleur peuvent provoquer des démangeaisons cutanées, vous pouvez demander une lotion calmante (le calendula est efficace) aux soignants

Les lésions à d'autres organes:
Les organes qui peuvent être lésés lors de la césarienne sont les intestins, les vaisseaux sanguins, la vessie ou les voies urinaires.

Les hémorragies: Les hémorragies tardives sont dangereuses, mais rares. Elles peuvent entraîner l'ablation de l'utérus.

La mortalité et la morbidité
Aujourd'hui, grâce aux progrès de la médecine en matière de techniques, d'anesthésie, de réanimation, de pharmacologie, on peut affirmer que les risques encourus lors d'une césarienne sont relativement faibles, même s'il subsiste, comme pour toute opération, les risques que nous avons cités plus haut.

Selon les sources, on estime que la mortalité maternelle est 2 à 11 fois plus importante pour une césarienne que pour un accouchement par voie basse. Mais il reste difficile à exprimer cette estimation dans le sens où les césariennes sont aussi dues à des problèmes maternels.

La morbidité : 9 à 15% des femmes césarisées développent une pathologie liée à l'intervention, le plus souvent il s'agit d'infection de la cicatrice, d'endométriose, et d'infection urinaire. Les chiffres baissent lorsque la césarienne n'est pas faite en urgence.

Une enquête, montre que 3 mois après leur césarienne, 65% des femmes ne s'estiment pas remises de l'opération. Les suites désagréables les plus fréquentes sont la fatigue, les maux de dos, les céphalées, les problèmes de sommeil, et la dépression.

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