SCRIPT 2:

choisir son accouchement

CHOISIR SON ACCOUCHEMENT

Une expérience d’accouchement positive peut avoir une signification très différente pour chaque couple. Chacun perçoit les concepts de “bon résultat” et “gestion de risques” différemment, et ceci influencera leur approche à l’expérience de la naissance: le lieu qu’ils choisissent, le type de suivi professionnel, le degré d’autonomie qu’ils recherchent, etc. Il est important que vous ayez une bonne compréhension des choix qui s’offriront à vous durant votre travail et la naissance de votre bébé, et que votre médecin ou sage-femme soit informé(e) de vos valeurs et de vos choix afin qu’ils puissent être respectés. Voilà le premier but de préparer un projet de naissance.

L’accouchement naturel demande un réel engagement et nécessite un soutien continu et expérimenté. Ceci est particulièrement vrai dans le contexte de notre système de santé où l’accouchement sans intervention est l’exception plutôt que la norme. Considérez que la plupart des médecins et infirmières pratiquant dans le réseau hospitalier n’ont pas de formation ni d’expérience dans le soutien continu du travail et n’ont probablement jamais vu un accouchement réellement naturel. Si votre désir est d’accoucher naturellement, un projet de naissance peut être un outil important pour vous aider à le réaliser.

Il a été démontré que les quatre facteurs suivants apportent la plus grande contribution à la satisfaction de la femme de son expérience d’accouchement:

-Le fait d’être bien soutenue par l’équipe soignante
- Le fait d’avoir une relation de haute qualité avec l’équipe soignante
- Le fait d’être et de demeurer impliquée dans les décisions concernant les soins
- Le fait d’avoir des expériences meilleures qu’attendues, ou d’avoir des attentes élevées.


Le soulagement de la douleur ne devient important pour la satisfaction de la naissance que si les attentes ne sont pas rencontrées.

Le simple fait d’avoir la présence continue d’une femme ayant déjà accouché et qui partage vos valeurs a un effet bénéfique sur la confiance de la mère et le déroulement de la naissance. Certains avantages s’ajoutent lorsque la personne est spécifiquement formée pour soutenir les femmes durant le travail et l’accouchement, comme c'est la cas de l'accompagnante (ou doula).

La relation spéciale, la confiance et la continuité de soins qui existent entre la mère, son conjoint et leur doula ont un impact positif important sur les expériences de la grossesse, du travail, de la naissance et de l'allaitement. Voici quelques-uns des bénéfices démontrés :

Naissance:
travail 25% plus court
50% moins de césariennes
40% moins d’usage d’ocytocine pour accélérer le travail
moins d’extraction par forceps ou ventouse
30-60% moins de médicaments anti-douleur/épidurales
taux de complications moins élevé

Maman:
moins de fièvre, d’infections et de saignements
expérience plus positive; plus valorisée, confiante
moins d’anxiété et de dépression post-partum
sentiment plus intense d’attachement au bébé

Bébé:
séjour plus court à l’hôpital
moins d’admissions aux unités de soins intensifs
allaitement plus facile à démarrer

Système de santé:
Si vous avez choisi de faire appel aux services d’accompagnante à la naissance, le fait d’avoir préparé un projet de naissance peut l’aider à faire valoir vos préférences et vos choix dans les moments où il serait difficile ou impossible de le faire vous-mêmes. Avant le début du travail, discutez avec votre accompagnante dans quelles circonstances vous désirez qu’elle vous assiste (ou non) à faire valoir vos besoins.

N’oubliez pas que le choix éclairé nécessite la connaissance des alternatives, des bénéfices et risques de chaque option, incluant ne rien faire. Un choix, par définition, implique plus qu’une option. Les parents et leur équipe soignante partagent la responsabilité dans le processus du consentement éclairé.

La section qui suit présente une liste non exhaustive de points sur lesquels vous devriez devenir informés et inclure dans votre projet de naissance. Vous pouvez omettre ou ajouter des points selon vos priorités. Dépendamment de vos choix quant au lieu de naissance, au professionnel de la santé qui vous suivra, et selon vos expériences antérieures, votre projet de naissance peut être plus ou moins détaillé.

Si vous le désirez, vous pouvez inclure une introduction. Voici une suggestion pour vous donner quelques idées:

En tant que parents, nous acceptons l’ultime responsabilité pour notre santé et celle de notre bébé. Nous savons que la naissance est un processus normal qu’une mère et son bébé peuvent compléter sans intervention, dans la vaste majorité des cas. Nous savons que l’inconfort et la douleur font partie de ce processus, et nous nous attendons à être encouragés à vivre le travail de la façon la plus bénéfique pour nous, même si cela est en conflit avec les routines et protocoles. Nous avons fait beaucoup d’efforts pour devenir informés, et trouver les ressources et le soutien pour faire des choix éclairés. Après considération de ce que nous avons appris, et en accord avec nos valeurs et priorités, nous avons élaboré ce projet de naissance pour vous aider à nous traiter non seulement de façon à assurer la sécurité de la mère et du bébé, mais également en honorant et respectant nos valeurs et nos besoins en ce qui concerne la naissance de notre enfant.
...

1/ Qui voudriez-vous avoir avec vous durant le travail et l’accouchement?
2/ Désirez-vous placer un nombre limite de personnel?
3/ Si vous donnez naissance dans un centre hospitalier universitaire ou une maison de naissance, êtes-vous à l’aise d’avoir des résidents et/ou stagiaires dans l’équipe soignante?
4/ Si vous avez déjà des enfants, aimeriez-vous qu’ils soient présents durant une partie ou toute la naissance?

L’expérience clinique est primordiale pour les résidents et stagiaires, et cette période d’apprentissage peut avoir un grand impact sur le déroulement de votre accouchement. De plus, ceci ajoute au nombre de personnes inconnues qui seront présentes lors du travail et de la naissance. Considérez accepter la présence des résidents, à condition que vous soyez assurée que la supervision est adéquate lors des prises de décision.
La naissance est une expérience extraordinaire pour les frères et soeurs du bébé. Dans beaucoup de cultures, des enfants de tous âges assistent au travail et à la naissance.
C’est une expérience très positive qui peut même faciliter l’adaptation et l’attachement au nouveau bébé. L’enfant devrait être préparé aux événements, sons et atmosphère qui entourent le travail et la naissance. Une personne familière devrait être entièrement consacrée à l’accompagner durant la naissance. Bien entendu, l’enfant doit se sentir libre d’être présent (ou non) selon son confort.

5/ Quelle est votre première priorité durant le travail?
6/ Comment voudriez-vous que les décisions soient prises quant aux soins qui seront donnés à vous et à votre bébé?
7/ Voulez-vous que les décisions soient prises pour vous sans réserve ou préférez-vous demeurer entièrement informés et impliqués dans les choix qui s’offrent à vous?
Les routines et protocoles sont des guides auxquels vous n’êtes pas obligatoirement soumis. En étant préalablement informés de ce qu’ils impliquent, et de leur bénéfices ou risques potentiels, vous comprendrez ce que l’on vous propose et vous pourrez prendre les décisions en conséquence. Pour faire en sorte qu’aucune décision n’est prise à la hâte, demandez quelques minutes d’intimité pour discuter avec votre personne soutien lorsqu’on vous propose quelque chose durant le travail. Il y a toujours du temps pour faire un choix éclairé, et vous ne devriez jamais vous sentir pressés de décider sur-le-champ, en présence d’infirmières, médecins ou résidents. Les urgences sont rares.

8/ Quelle est votre approche pour gérer la douleur?
9/ Aimeriez-vous que l’on vous propose uniquement des méthodes alternatives, uniquement des médicaments, ou les deux?
10/ Voulez-vous que l’on vous offre des médicaments, ou préférez-vous que cette option soit réservée pour un moment que vous choisirez?

Renseignez-vous sur les méthodes disponibles où vous accoucherez, sur leurs avantages et risques respectifs. Tout médicament comporte des risques potentiels pour vous, votre bébé et le déroulement de l’accouchement, et vous devez les connaître avant le début du travail pour être en mesure de faire un choix éclairé.

Exemples de méthodes alternatives (non-interventives) efficaces pour gérer la douleur
- hydrothérapie,
- positionnement vertical, (testeuses présentent sur ce site)
- demeurer mobile,
- ballon d’exercice, (testeuses présentent sur ce site)
- roulements pelviens, (testeuses présentent sur ce site)
- injections sous-cutanées de papules d’eau stérile (non disponibles partout),
- acupuncture,
- acupression,
- neuro-stimulation transcutanée électronique (TENS),
- massage, (testeuses présentent sur ce site)
- hypnose,
- musique,
- relaxation,
- visualisation,
- vocalisation.
Les médicaments incluent narcotiques, gaz anesthésiants, anesthésie locale, épidurale.

Procédures routinières durant le travail:
A moins d’indication contraire claire de votre part, plusieurs procédures seront faites de façon routinière si vous donnez naissance dans un centre hospitalier. Comme on l’indiquait plus haut, il est préférable d’être informée sur leur bénéfices et risques respectifs afin de pouvoir exercer votre droit de les accepter ou de les refuser, selon le cas. Voici une liste des procédures routinières les plus communes, avec une courte explication de chacune, ainsi qu’un résumé des avantages et risques selon la littérature médicale la plus récente. Comme vous pourrez le constater, les routines et protocoles hospitaliers ne sont pas toujours basés sur l’évidence scientifique.

1er Stade
(effacement et dilation du col de l’utérus à 10 cm)

Rien par la bouche”
La tradition d’interdire aux femmes en travail de manger ou de boire date de l’époque où l’on « accouchait » les femmes sous anesthésie générale. Bien qu’évidemment les femmes ne donnent plus naissance de cette façon, plusieurs hôpitaux ont encore cette politique qui défend toute nourriture ou breuvage autre que de l’eau ou des pépites de glace aux femmes en travail. Les principales raisons pour cette politique sont la prévention de l’aspiration dans l’éventualité d’une césarienne d’urgence, et la prévention des nausées et vomissements durant le travail. Ce sont de faux arguments. Nous savons que les risques du jeûne sont beaucoup plus probables que ceux de la césarienne d’urgence. Même si la césarienne d’urgence s’avérait nécessaire, on ne la pratique plus sous anesthésie générale, mais plutôt sous épidurale. Le recours à l’anesthésie générale est très rare en obstétrique moderne; l’aspiration est très rare avec les techniques modernes d’anesthésie, par conséquent c’est une raison sans issue (même si elle l’était, le jeûne durant le travail ne garantit pas un estomac vide, et la substance la plus nocive pour les poumons est l’acide gastrique non dilué!). Pour ce qui est des nausées et vomissements, le jeûne ne les prévient pas.
Bénéfices: Aucun.
Il n’existe aucune évidence pour justifier l’interdiction de manger ou boire pendant le travail. C’est le travail le plus exigeant qui soit, et la femme a besoin de manger et de boire selon ses besoins pour que son corps travaille de façon efficace.
Inconvénients:
La recherche médicale ne supporte pas cette pratique. La faim et la soif causent un inconfort important; le jeûne durant le travail est associé à un travail plus long, une augmentation de l’usage d’hormones synthétiques pour stimuler le travail, une augmentation de l’usage de forceps/ventouse. La déshydratation peut entraîner a fièvre.

Les intraveineuses:
La plupart des protocoles d’hôpital incluent l’usage routinier d’intraveineuses durant le travail. Cependant, l’administration de fluides de remplacement par intraveineuse n’est pas la solution à la politique « rien par la bouche » discutée plus haut, puisqu’elle ne procure pas la nutrition et l’énergie qu’apportent la nourriture et les breuvages, n’empêche pas le sentiment de faim ou de soif, et peut affecter négativement la physiologie normale de la mère et du bébé. Une autre raison pour l’usage d’intraveineuses est d’ouvrir une veine «Juste en cas » d’urgence. Toutefois, chez les femmes à faible risque (ce qui représente plus de 90% des femmes enceintes) les urgences mettant la vie en danger sont rares. Néanmoins, si vous jugez que c’est nécessaire, il existe un dispositif permettant l’accès veineux sans que vous ayez à être liée à des tubulures et une pôle, ce qui vous donne plus de liberté de mouvement qu’une intraveineuse d’usage.
Bénéfices: Aucun
Inconvénients:
La recherche médicale ne supporte pas cette pratique. Les intraveineuses sont inconfortables et causent de l’inflammation et parfois des ecchymoses; elles limitent votre mobilité; la surcharge de fluides est fréquente; les fluides intraveineux peuvent causer des taux de sucre anormaux chez le bébé et exagérer le poids de naissance du bébé et la perte de poids initiale des premiers jours, ce qui entraîne du stress et des interventions qui peuvent interférer avec l’allaitement maternel. Les fluides de remplacement peuvent causer un engorgement sévère des seins dans les jours suivant la naissance.

La surveillance foetale (“monitoring”)
Le monitoring intermittent permet à votre médecin, infirmière ou sage-femme d’évaluer le bien-être de votre bébé de façon non-interventive en utilisant un dispositif manuel (fétoscope ou doppler) pour écouter son coeur pendant et après quelques contractions, ce qui suffit pour assurer la sécurité du bébé pendant le travail et la naissance.
Le monitoring continu est souvent utilisé de routine dans les hôpitaux. Il permet au personnel restreint de faire la surveillance de plusieurs femmes en travail, sans toutefois nécessiter leur présence à leur chevet. Cependant, ce côté pratique du monitoring continu pour le personnel soignant est son seul bénéfice. La surveillance continue du bébé ne donne pas de meilleurs résultats.
En fait, c’est tout le contraire: elle augmente de façon significative le risque de césarienne sans améliorer les résultats pour le bébé. Elle a un profond impact sur la façon de vivre le travail, puisqu’elle limite la liberté de mouvement et les choix de méthodes pour gérer la douleur (exposant ainsi la femme à toute la cascade potentielle d’interventions qui s’ensuit), et augmente l’anxiété de la mère (ce qui a aussi un impact négatif sur la douleur). La recherche médicale ne supporte pas cette pratique, à moins d’indication médicale (comme l’usage d’hormones synthétiques pour stimuler le travail, un problème soupçonné chez le bébé, ou un AVAC).
Le monitoring interne se fait au moyen d’une électrode fixée par une aiguille sur le cuir chevelu du bébé et une autre électrode à l’intérieur de l’utérus pour capter les contractions. Les membranes (poche des eaux) doivent être rompues et le col dilaté d’au moins 2 cm pour que l’on puisse faire un monitoring interne. Le monitoring interne est plus précis que le monitoring externe, cependant il est invasif et augmente significativement le risque d’infection. On ne doit y avoir recours que sous indication médicale.

Examens du col de l’utérus
L’examen vaginal est le moyen le plus utilisé pour évaluer l’évolution du travail. Il nous renseigne sur l’effacement et la dilatation du col, la station du bébé et sa présentation par rapport au bassin de la mère. Bien qu’il soit rarement essentiel, en milieu hospitalier, il est pratiqué de façon régulière et fréquente durant le travail. Toutefois, il y a plusieurs bonnes raisons de limiter ces examens au strict minimum. D’abord, la plupart du temps on demande à la mère de s’allonger sur le dos, ce qui est dérangeant et inconfortable, voire douloureux. Ensuite, ce monitoring constant crée des attentes de «progrès» régulier, selon les « normes », alors qu’on sait que le processus physiologique du travail ne suit pas de paramètres « établis ». Même si tout se passe bien, les « résultats » peuvent être décourageants ou décevants pour la mère et ceci peut négativement influencer le déroulement du travail.
Enfin, les examens vaginaux augmentent significativement le risque d’infection (surtout si les membranes sont rupturées), ce qui peut mener à d’autres interventions et avoir des conséquences sur la santé de la mère et du bébé. N’oublions pas que l’examen du col est une évaluation subjective : il est donc important qu’il soit toujours fait par la même personne, pour assurer l’interprétation la plus constante possible.

Restriction de positions/mouvements
La liberté de mouvement est cruciale au déroulement normal de la naissance. Elle permet à la gravité d’assister votre bébé dans sa descente et son engagement optimal dans votre bassin ainsi que l’augmentation de la taille et de la forme de votre bassin. Elle vous permet de gérer activement la douleur des contractions, et peut aider à relaxer les muscles tendus, facilitant le processus de l’accouchement.
Enfin, elle peut accélérer le travail, ou stimuler un travail qui progresse lentement. Bien que la plupart des lieux de naissance ne restreignent pas directement votre liberté de mouvement, plusieurs interventions de routine ont pour conséquence immédiate la restriction de mouvement ou le confinement au lit (par exemple, les intraveineuses, le monitoring continu, la rupture artificielle des membranes, l’épidurale, etc.). Ceci peut rendre le travail plus difficile et mener à d’autres interventions. Le travail en position couchée peut être plus douloureux et augmente les chances que votre bébé adopte une position sous-optimale dans votre bassin, ce qui rend la descente du bébé plus longue et plus difficile.
Quand viendra le moment de la poussée, on devrait vous encourager à adopter la (les) position(s) la (les) plus confortable(s) pour vous et qui facilite(nt) le plus la naissance.
Nous savons que la position “typique” sur le dos, les jambes élevées et largement ouvertes n’est pas la plus confortable et rend la naissance plus difficile que toute autre position. Les positions latérales ou verticales sont les plus souvent instinctivement adoptées par les mères lorsqu’elles ont le choix, et une femme peut aussi accoucher accroupie, à genoux, à quatre pattes, ou encore en changeant fréquemment de position à mesure que la poussée progresse. Ceci facilite le travail pour la mère et peut réduire le risque de déchirure du périnée.
Rupture artificielle des membranes (amniotomie ou “briser la poche des eaux”)
On pense que la rupture artificielle des membranes raccourcit le travail et prévient ou corrige une mauvaise progression du travail, mais la recherche médicale ne supporte pas ces conclusions. Un autre prétexte pour cette pratique est l’évaluation du bien-être du bébé par la présence ou l’absence de méconium dans le liquide amniotique. La présence de méconium dans le liquide amniotique est un signe de détresse foetale. Cependant, encore une fois il s’agit d’une intervention dont les bénéfices ne justifient pas les risques.
Bénéfices: Aucun
Inconvénients:
La recherche médicale ne supporte pas cette pratique tôt dans le travail. Cette intervention qui peut sembler anodine peut affecter significativement le bien-être de la mère et du bébé:
Peut précipiter une procidence du cordon ombilical (le cordon sort avant le bébé), ce qui est une urgence requérant la césarienne immédiate
- Augmente l’intensité des contractions (donc la douleur)
- Peut occasionner la détresse foetale
- Peut précipiter l’infection
- Mène à d’autres interventions (comme la médication pour gérer la douleur, l’utilisation d’hormones synthétiques pour stimuler le travail, les antibiotiques, forceps/ventouse)
- Augmente le risque de césarienne

L’induction (provoquer ou déclencher artificiellement le travail)
Les dates probables d’accouchement sont des estimations qui servent de guide. Elles sont imprécises, et moins de 5% des femmes accoucheront à la date « prévue ». La durée moyenne d’une première grossesse est 41 semaines à partir de la date des dernières menstruations. La décision de déclencher artificiellement le travail devrait être prise selon chaque cas individuel, en évaluant les indications médicales comme les signes que la croissance du bébé est inadéquate ou son état se détériore. Elle ne devrait pas être prise pour des raisons pratiques ou encore parce qu’une date X est passée.
Les interventions pour déclencher le travail incluent le décollement des membranes (manuellement), les différentes méthodes pour faire mûrir le col de l’utérus (hormones qui le rendront prêt pour le travail), la rupture artificielle des membranes, et l’ocytocine synthétique par intraveineuse. Comme toute autre intervention, l’induction du travail comporte des risques, comme l’augmentation des médicaments, de l’utilisation de forceps/ventouse, et de la césarienne. Il existe plusieurs méthodes naturelles qui peuvent être efficaces sans toutefois comporter les risques mentionnés.
L’augmentation du travail (accélérer/stimuler les contractions et/ou raccourcir le 2e stade)
L’accouchement est un processus qui ne peut être mesuré par le temps. Les «normes» acceptées pour la durée du travail et de la poussée sont basées sur des fausses hypothèses ou des limites arbitraires. Ceci signifie que beaucoup de femmes sont sujettes à des interventions non indiquées pour corriger un problème qui n’en est pas un, et toutes ces interventions comportent des risques réels pour les mères et les bébés. Les interventions qui peuvent être utilisées pour accélérer le travail ou raccourcir la phase de poussée incluent la rupture artificielle des membranes, l’ocytocine synthétique par intraveineuse, la ventouse/les forceps et la césarienne. Encore une fois, il existe des méthodes naturelles efficaces (comme la marche, la stimulation des mamelons, l’acupuncture, l’homéopathie, etc.) qui ne posent aucun risque si toutefois il est nécessaire de stimuler ou accélérer la progression du travail.

2e stade du travail: la naissance
Protéger le périnée
Votre périnée est conçu pour s’ouvrir et s’étirer considérablement pour permettre le passage de la tête de votre bébé, la partie la plus grande à accommoder. Un périnée intact ne requiert aucune suture;
une déchirure du 1er degré implique la peau du périnée et la muqueuse vaginale;
une déchirure du 2e degré implique les tissus plus profonds des muscles du périnée;
une déchirure du 3e degré implique l’anus;
une déchirure de 4e degré implique l’anus et la muqueuse rectale.
On peut prévenir ou réduire l’incidence de traumatisme au périnée de plusieurs façons:
- la poussée instinctive/physiologique (plutôt que la poussée dirigée, décrite plus bas);
- les positions neutres comme à quatre pattes ou sur le côté;
- l’expulsion lente et contrôlée de la tête (le plus souvent ceci nécessite que vous ne poussiez PAS au moment du couronnement de la tête du bébé;
- respirez et laissez votre utérus faire son travail);
- le massage et les compresses humides du périnée durant la poussée (votre médecin ou sage-femme peut le faire, et on a démontré que cela réduit significativement l’incidence des déchirures du 3e et 4e degré).
Le massage du périnée durant le dernier trimestre de la grossesse pourrait aussi aider à prévenir les déchirures et réduire le risque de déchirure du 3e degré, surtout lorsqu’il s’agit d’un premier bébé.

L’épisiotomie (une incision chirurgicale pour élargir l’ouverture du vagin) ne prévient pas les déchirures. Au contraire, elle précipite souvent des déchirures plus graves et augmente drastiquement le risque de déchirure du 3e et 4e degré. Une croyance maintenant réfutée est que l’épisiotomie est moins douloureuse et plus facile à guérir qu’une déchirure spontanée. La recherche médicale démontre constamment le contraire: l’épisiotomie est plus douloureuse, plus lente à guérir, et plus sujette à l’infection que la déchirure spontanée, si toutefois elle survenait. L’évidence médicale ne démontre aucun avantage à l’épisiotomie. C’est pourquoi les seules indications pour pratiquer une épisiotomie sont la détresse foetale ne répondant pas à d’autres mesures et qui nécessite la naissance immédiate du bébé, lorsque celle-ci n’est pas imminente (dans les prochaines minutes), ou encore l’application de forceps ou de ventouse.

La poussée physiologique/instinctive comparée à la poussée dirigée
L’utérus est un muscle puissant dont l’action coordonnée accomplit la majeure partie du travail de poussée, sans aide ou effort volontaire de la mère. En effet, la plupart du temps, aucune force volontaire additionnelle n’est nécessaire pour expulser le bébé. Toutefois, l’approche dominante dans notre culture est que la mère contribue avec des efforts de poussée volontaires. Lorsqu’une femme pousse de façon physiologique ou instinctive en réponse à l’envie naturelle et irrésistible qu’elle ressent, elle tient rarement son souffle plus de 5 ou 6 secondes. Elle émet des sons, grognements, etc. en expirant, ce qui réduit le stress sur son coeur et sa circulation. La femme peut respirer profondément plusieurs fois entre chaque poussée. C’est une façon naturelle de fournir une oxygénation continue au bébé ainsi qu’à l’utérus et au périnée de la mère. Cela permet au périnée de s’étirer pour s’ouvrir graduellement pour une naissance lente et contrôlée de la tête et des épaules du bébé, ce qui peut prévenir les déchirures.
En contraste, lorsque la poussée est dirigée par quelqu’un d’autre, comme c’est souvent le cas, particulièrement lorsque la mère est sous péridurale ou autre médicament contre la douleur, on dit à la mère de pousser (le moment étant déterminé par le « coach ») en retenant son souffle au moins 10 secondes et sans faire de son ou expirer durant l’effort. Elle doit ensuite reprendre rapidement son souffle et recommencer 3 fois ou plus pendant une contraction. Ceci diminue l’apport d’oxygène au bébé, à l’utérus et au périnée, ce qui peut causer des étourdissements, de l’épuisement, la détresse foetale, les traumatismes au périnée et les hémorroïdes. Les signes de détresse foetale seront une indication probable à d’autres interventions pour accélérer la naissance, par exemple au moyen de ventouse, forceps et/ou épisiotomie.

11/ Comment voudriez-vous que votre bébé naisse?
12/ Aimeriez-vous avoir un miroir pour voir la naissance?
13/ Aimeriez-vous aller chercher votre bébé vous-même, ou encore que votre conjoint accueille votre bébé et le place sur votre poitrine (avec aide)?
14/ Préférez-vous que ce soit fait uniquement par le médecin ou la sage-femme?


3e stade du travail
l’expulsion du placenta
Pincer et couper le cordon ombilical

A la naissance votre bébé a encore une ligne de vie dans son cordon ombilical qui est toujours attaché au placenta. Ceci lui permet de tranquillement s’adapter à respirer seul(e), sans urgence. Le sang du placenta représente une grande proportion (25-60%) du volume sanguin total du bébé, et le fait d’attendre que le cordon ait cessé de pulser (quelques minutes) avant de le pincer et de le couper permet au bébé de recevoir ce sang riche en fer (entre autres éléments importants). Il en résulte des meilleures réserves de fer et une réduction de l’anémie tout au long de la première année de vie. Lorsque tout va bien, il n’y a pas de d’urgence à pincer et couper le cordon. Le fait de précipiter ceci augmente le risque de rétention placentaire et d’hémorragie.

Gestion active avec pitocin, massage utérin et/ou traction du cordon
Au moment de la naissance, il y a une poussée naturelle d’ocytocine. Ceci fait en sorte que l’utérus continue de se contracter afin de décoller le placenta de sa paroi, pour que vous puissiez l’expulser.
Cela peut prendre quelques minutes à environ une heure. Il n’y a aucune raison d’accélérer ce processus, à part pour libérer l’équipe médicale. A moins d’indication contraire claire de votre part, la gestion active de ce stade du travail se fait de façon routinière dans la plupart des hôpitaux, au moyen d’ocytocine synthétique (pitocin), de massage de l’utérus et de traction contrôlée du cordon ombilical pour séparer le placenta de la paroi utérine.
A moins d’une urgence ou lorsqu’il y a eu hémorragie à un accouchement antérieur, il n’y a aucune indication médicale de gérer activement l’expulsion du placenta. Au contraire, précipiter ce processus peut augmenter le risque de rétention placentaire et d’hémorragie.

L’accueil du bébé
Avez-vous des demandes particulières pour l’heure suivant la naissance?
- garder le bébé peau à peau,
- être laissée seule avec votre bébé et votre conjoint,
- remettre à plus tard les interventions de routine pour le bébé comme la pesée,
- le nettoyage,
- l’administration d’onguent antibiotique pour les yeux,
- l’injection de vitamine K.
Aimeriez-vous que les examens du bébé soient faits en votre présence, avec votre bébé dans vos bras (ou ceux de votre conjoint) autant que possible?
Immédiatement après la naissance, si la mère et le bébé se portent bien, le bébé devrait être placé peau à peau sur sa mère et ils ne devraient pas être séparés.

Les interventions de routine pour le bébé
Si vous et votre bébé vous portez bien, la plupart des interventions pour le bébé peuvent et devraient être reportées au moins quelques heures après la naissance. La raison pour ceci est que durant les premières heures de vie, vous et votre bébé serez alertes et réceptifs à vous imprégner et vous attacher l’un à l’autre, et à prendre le sein pour la première fois. Pour que cela se fasse, on doit vous laisser tranquille, préférablement peau à peau, et ne pas vous séparer. On ne doit donner que les soins médicaux absolument essentiels. Après les premières heures, le bébé sera plus endormi et ceci ne sera pas favorable au premier contact si l’occasion a été manquée ou dérangée par des interventions routinières non essentielles.

Indices d’Apgar
Immédiatement après la naissance (à une minute, cinq minutes et 10 minutes) le médecin ou la sage-femme observera la vitalité de votre bébé selon l’échelle d’Apgar, en observant sa respiration, sa couleur, son tonus, son rythme cardiaque et ses réflexes. A moins d’un problème, il n’est pas nécessaire de prendre le bébé pour faire cette évaluation, et elle devrait être faite pendant que vous tenez votre bébé.

Évaluation du pédiatre; pesée; etc...
Ceci est habituellement fait tôt suivant la naissance, mais cela peut être reporté même au lendemain pour vous laisser du temps avec votre bébé sans distraction. On peut le faire en votre présence, et le médecin peut examiner le bébé dans vos bras.

Onguent antibiotique pour les yeux et injection de vitamine K
A moins d’indication contraire claire de votre part, ces deux interventions sont faites immédiatement après la naissance.
L’onguent antibiotique pour les yeux est donné à tous les nouveaux-nés pour prévenir la conjonctivite congénitale causée par des bactéries transmises sexuellement (comme le chlamydia, et/ou la gonorrhée). Cependant, dépendamment des antécédents sexuels des parents, les nouveaux-nés ne sont pas tous à risque. De plus, l’onguent lui-même peut précipiter une conjonctivite (chimique), ce que plusieurs études prétendent est beaucoup plus commun que la conjonctivite bactérienne que l’onguent est sensé prévenir. La conjonctivite bactérienne, lorsqu’elle survient, est évidente et facilement traitée, et n’est plus considérée comme étant un risque significatif pour votre bébé. Discutez avec votre médecin ou sage-femme si ce traitement préventif est approprié pour votre bébé. Si vous choisissez d’administrer l’onguent à votre bébé, étant donné que celui-ci embrouille sa vision, il est préférable de le reporter au moment où votre bébé sera moins alerte, pour ne pas déranger votre premier contact.

L’injection de vitamine K est aussi faite de façon routinière pour augmenter les facteurs de coagulation chez le bébé, afin de prévenir la maladie hémorragique du nouveau-né. Cette maladie est grave mais très rare (2 bébés sur 100,000 sont atteints par année), et l'injection prophylactique de vitamine K n'en prévient pas toutes les formes. S’il n’y avait aucun risque ou coût associé à l’administration de vitamine K, personne ne remettrait en question cette pratique, mais en réalité ce n’est pas le cas. Il existe des risques connus à l'administration de vitamine K, et certains risques probables restent encore inconnus. Par exemple, nous ne connaissons pas l'impact de donner aux bébés une dose jusqu'à 10,000 fois plus élevée que le taux naturel (et c'est ce qu'ils reçoivent lorsqu'on leur donne une injection intramusculaire de 1 mg). Nous savons que le colostrum est très riche en vitamine K – en quelque sorte une injection naturelle de vitamine K. Le colostrum, et le fait de laisser le bébé recevoir le plus de sang possible du placenta, procurent beaucoup plus de bénéfices que l’injection de vitamine K n’a jamais démontré. Il peut exister des indications médicales pour donner l’injection de vitamine K, comme le risque plus élevé de saignements lié à l’usage de ventouse/forceps ou encore un traumatisme de naissance comme un céphalhématome (accumulation de sang sous le cuir chevelu du bébé). La prophylaxie à la vitamine K est une question complexe, et controversée, surtout considérant le fait que la plupart des parents ne savent pas qu’ils ont un choix à faire. Discutez avec votre médecin ou sage-femme des bénéfices et risques potentiels de cette intervention pour savoir si elle est appropriée ou nécessaire pour votre bébé.

Dépistage de glucose
Un taux de sucre anormal est plus qu’une valeur arbitraire unique : c’est un continuum de valeurs anormales associées à des symptômes spécifiques. Il n’y a aucune indication médicale pour soumettre tous les nouveaux-nés à des dépistages de glucose (taux de sucre dans le sang) durant les premiers jours de vie. L’intervention (une piqûre sur le talon) est invasive et douloureuse, et seuls les bébés présentant des signes de taux de sucre anormal devraient y être soumis. La plupart des hôpitaux ne le font plus de façon routinière, mais vous devriez tout de même savoir que c’est une possibilité (particulièrement si vous avez fait du diabète gestationnel, êtes diabétique ou vous et votre bébé avez d’autres facteurs de risque). En passant, le premier traitement pour un bébé qui présente des signes d’hypoglycémie (taux de sucre trop bas) est l’augmentation des tétées et le contact peau à peau constant, donc en allaitant à la demande (ce qui pour la plupart des bébés est fréquemment...) vous préviendrez et/ou traiterez d’emblée ce problème.

Supplémentation précoce des bébés allaités
Les nouveaux-nés ne devraient recevoir que le colostrum et le lait maternel durant les six premiers mois de vie. Cependant, malgré cette recommandation largement acceptée, une grande proportion de bébés se voient donner des suppléments de lait artificiel pour nourrissons durant leur séjour à l’hôpital, pour des raisons non médicales. Il y a beaucoup plus de supplémentation non indiquée chez les bébés mis en pouponnière que chez les bébés qui cohabitent avec leur mère. La supplémentation précoce interfère avec l’allaitement en causant des problèmes comme le refus de téter, les mamelons douloureux, et la diminution de la production de lait. Elle affecte directement la santé des bébés en réduisant l’ingestion d’anticorps du lait maternel, en plus d’être associée au sevrage précoce et d’exposer les bébés aux risques propres au lait de formule. Le soutien, dès la naissance, d’une personne compétente est clé dans l’initiation de la relation d’allaitement. Malheureusement, les conseils, pratiques et l’assistance entourant l’allaitement manquent toujours de constance dans la plupart des lieux de naissance au Québec. La formation de base donnant des connaissances concrètes ne fait que commencer à être donnée de façon universelle au personnel soignant. Ceci peut être frustrant pour les nouveaux parents qui se sentiront confus par beaucoup d’information contradictoire. Voilà un autre aspect de la vie avec votre nouveau bébé où vous gagnerez à être bien renseignés. L’aide apportée par les groupes de soutien bénévoles a un grand impact positif sur le succès de l’allaitement. Lorsqu’un problème particulier survient, l’accès aux services d’une consultante diplômée en lactation peut faire la différence entre une problématique vite surmontée et un problème qui se complique et met en jeu la relation d’allaitement.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Lilypie 1er anniversaire Ticker

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site