SCRIPT 2:

diversification alimentaire et allaitement

Quand débuter la diversification alimentaire

On peut commencer la diversification alimentaire après l'âge de cinq mois, mais il est plutôt recommandé de commencer vers l'âge de six mois car, jusqu'à six mois, le lait de mère donne à un enfant tout ce qui lui est nécessaire..
En cas d'alimentation par lait artificiel les différents besoins alimentaires sont également couverts. On pense qu'en débutant trop tôt la diversification alimentaire on induit des allergies à ces aliments..

Est-il nécessaire de donner du jus de fruits avant l'âge de quatre mois?

Non ce n'est pas nécessaire car les laits donnent suffisamment de vitamine C au bébé. On a prouvé que le jus de fruits peut provoquer un reflux digestif du fait de son acidité.

Comment commencer?
Vous pouvez débuter à distance des repas quand votre bébé n'a pas trop faim, c'est-à-dire le matin vers 10 à 11 heures: 2 à 3 cuillères à café proposés à la petite cuiller pour commencer de courgette ou pomme ou pomme-coing. Le plus simple est de proposer des petits pots.

Si votre bébé refuse de manger à la cuillère, c’est que c'est trop tôt il y a aucun intérêt à mettre ces aliments dans le biberon puisque l'on veut introduire de nouvelles sensations gustatives. Surtout n’insistez pas !

En effet ce sont de très petites quantités qui doivent être bien moulinées. Cependant si vous désirez préparer vous-même les aliments, il faut vous assurer que ces aliments ne contiennent aucun pesticide et qu'ils sont tout à fait «biologiques». Vos carottes ne doivent pas contenir de nitrates. Le bébé aime beaucoup les textures très homogènes et il n'est pas toujours facile de les réaliser soi-même. Ne salez pas vos légumes même si cela vous semble fade. Les petits pots doivent être conservés au maximum 48 heures au réfrigérateur. Les aliments doivent être cuits très longtemps par exemple au moins une heure pour les carottes. Pour préserver les vitamines et il n'est pas conseillé de congeler pour donner des aliments congelés en début de diversification.

Comment poursuivre?
Vous allez augmenter progressivement les quantités pour arriver à 1/4 de petit pot en huit jours, 1/2 petit pot en quinze jours et donc un pot de 100gr de légumes ou équivalents au bout d'un mois.

Quels légumes choisir?
Choisissez les fruits et légumes de saison disponibles ou les petits pots. On commence en général par un seul légume pour pouvoir déterminer une intolérance. Il n'est pas conseillé de donner des mélanges de légumes pour débuter.

Par exemple vous pouvez donner les carottes, haricots verts, petits pois. La pomme de terre n'est pas introduite avant l'âge de cinq mois. Évitez de donner la tomate en excès. Pour les fruits, privilégiez les fruits du terroir où vous vivez c'est-à-dire qu’en 'Europe il n'est pas conseillé de donner des fruits exotiques. Ceci n'est pas vrai pour les personnes vivant dans des pays où les fruits exotiques font partie de la base de l'alimentation.

Quand introduire la viande?
Vous pouvez commencer à partir de l'âge de six mois en proposant 15gr par jour au maximum c'est-à-dire une cuillère à soupe moulinée. Faites la bien cuire sans matières grasses. (bouillie ou a la vapeur).

Quelle viande choisir?
Vous constaterez dans les petits pots qu'il n'y a guère de choix: bœuf, veau, poulet ,dinde, jambon. Cette introduction n’a lieu qu'après six mois. Bien sûr vous devez vous assurer de l'origine de votre viande et la cuire suffisamment.. Le jambon doit être coupé avec un couteau très propre pour éviter les infections à listeria.

Quand introduire le poisson?
Pas avant 6 à 8 mois.

Quand introduire l'oeuf?
Pas avant 12 mois en commençant par un 1/2 jaune. Le blanc d’œuf ne doit pas être donné avant l'âge de 18 mois. Soyez vigilants vis-à-vis des gâteaux bébé qui contiennent de l’œuf.

Quand introduire les farines de céréales?
Dans l'alimentation moderne, ces farines n’ont plus de place car il n'est pas conseillé de les donner avant l'âge de quatre mois et il faut surtout veiller à de donner que des farines premier âge sans gluten. Elles ne sont pas nécessaire à l'alimentation d'un bébé.

Quel est le nombre de repas non lactés par jours?
Pendant le premier mois d'introduction on ne doit donner ces aliments qu'une seule fois par jour . C'est le deuxième mois d'introduction que l’on peut donner ces aliments à midi et à 16 heures. Il faut au maximum privilégier le lait jusqu'à l'âge de six mois.

Quand introduire les yaourts et les petits suisses?
Pas avant d'être passé au lait deuxième age c'est-à-dire plutôt vers cinq à six mois. Il faut privilégier les produits nature et éviter les mélanges avec des fruits qui ne sont pas toujours digestes. Évitez au maximum la première année tous les arômes artificiels. Donnez le goût «nature» à votre bébé et peu sucré.

quelles boissons donner à son bébé ?
Il n'y a guère de choix le lait ou l'eau pure. Le sirop et le jus de fruits n’ont guère d’ intérêt. Si vous donnez trop le goût du sucre à votre bébé, vous risquez d’ induire plus tard des obésités


introduction de solide
C’est dans les années 60 et 70 que l’on a poussé le plus loin l’introduction précoce des solides: dès 2 mois, les bébés avaient droit non seulement aux bouillies, mais aussi aux fruits, aux légumes et à la viande. Stimulés autant par les médecins que par les industriels désireux de vendre leurs petits pots, les parents semblaient engagés dans une course folle à qui mettrait le plus tôt possible une cuillère dans la bouche de son bébé.

Même si l’on est aujourd’hui moins pressé (d’ailleurs, depuis un arrêté du 17 avril 1998, les aliments pour bébés doivent porter la mention minimum «à partir de 4 mois», avant, espérons-le, de porter celle « à partir de 6 mois »), la France reste, d’après le Pr Voyer, «le pays d’Europe où la diversification de l’alimentation est la plus précoce».

Or toutes les études récentes le montrent, non seulement une diversification alimentaire précoce est inutile, mais elle peut aussi être nuisible.

Inutile…

Les partisans de la diversification précoce avancent généralement deux arguments en sa faveur. La formation du goût et la croissance harmonieuse de l’enfant...

Pour le premier point, on sait que contrairement aux bébés nourris au biberon pour lesquels c’est tous les jours «plat unique», les bébés allaités bénéficient dès le début d’une diversité de goûts, puisque le lait change de goût selon ce qu’a mangé la mère dans les heures précédentes. Pour eux, la formation du goût est donc bien assurée !

Sur le second point, les experts internationaux sont maintenant à peu près tous d’accord pour dire que le lait maternel couvre sans problème les besoins nutritionnels du bébé pendant les six premiers mois.

On sait qu’en mai 2001, l’Assemblée Mondiale de la Santé a adopté une résolution poussant les Etats membres à «privilégier l’allaitement maternel exclusif pendant 6 mois, qui doit être considéré comme une recommandation de santé publique mondiale». L’OMS a repris cette recommandation dans sa Stratégie mondiale pour l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (2003, ww.who.int/nut/documents/gs_infant_feeding_text_frePdf). Elle s’appuyait pour cela sur l’avis d’un groupe d’experts qui avait procédé à un examen systématique (plus de 3000 références) de la littérature scientifique sur le sujet: études comparant l’allaitement exclusif pendant 4 à 6 mois, contre 6 mois, en termes de croissance, bilan en fer, morbidité, pathologies allergiques, développement moteur, perte de poids de la mère après l’accouchement et durée d’aménorrhée.

… et nuisible

Introduire trop tôt les solides consiste à remplacer un aliment complet (le lait maternel) par quelque chose de qualité inférieure, plus coûteux en argent et en temps de préparation, pouvant être contaminé (notamment dans le Tiers-Monde, avec les problèmes d’eau non potable) et induire des infections microbiennes et des diarrhées, et que le système digestif de l’enfant n’est pas prêt à assimiler.

Comme le disait l’UNICEF en 1999, «sauf cas très rares, non seulement le bébé n’a besoin d’aucun autre liquide ou aliment avant 6 mois, mais de plus ces compléments peuvent être nuisibles, en augmentant l’exposition aux germes pathogènes, en favorisant la survenue ’d’allergies, et en abaissant la quantité de lait maternel consommé par l’enfant».

L’ANAES ne dit pas autre chose quand elle écrit dans ses recommandations (2003): «L'introduction de compléments entre 4 et 6 mois en plus de la poursuite de l’allaitement conduit à un excès de risque significatif de gastro-entérite et doit donc être déconseillée. »

Un programme de promotion de l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois en Inde a ainsi permis une réduction significative du nombre de diarrhées, sans aucune incidence négative sur la croissance des enfants.

Les effets ne concernent pas que les gastro-entérites: une étude faite sur 2277 enfants âgés de 6 à 24 mois a montré que le risque de pneumonie est cinq fois moindre et le risque d’otite moitié moindre avec un allaitement exclusif de six mois comparé à un allaitement exclusif de quatre mois.

Et ils sont aussi à long terme: une étude faite en Irlande a montré que les enfants qui commençaient à recevoir des solides avant 3 mois ½ avaient un risque plus élevé de pathologies cardiaques et de diabète à l’adolescence.

Les allergologues quant à eux s’accordent tous pour déconseiller une diversification alimentaire précoce, car plus l’on introduit tôt un aliment, plus le risque d’intolérance, voire d’allergie vraie est grand. Comme le disait le Pr Dutau (CHU de Toulouse) dans un article de Que Choisir en 1999, «il n’existe aucun argument médical pour donner autre chose que du lait maternel ou en poudre avant l’âge de six mois». Et ils conseillent d’attendre l’âge de 1 an pour certains aliments: oeufs, poisson, arachide, jus de fruits exotiques, arômes et additifs divers, farines contenant du gluten...

Un certain nombre de stomatologues et d’orthodontistes les rejoignent en dénonçant «la nocivité de l’administration passive d’aliments mixés, moulinés, réduits en bouillie et imposés à la cuillère» (Dr AR Chancholle, Toulouse) qui est la règle quand on veut introduire les solides avant que l’enfant n’y soit prêt.

Ajoutons que pour la mère, retarder l’introduction des solides, c’est généralement repousser la reprise du cycle menstruel, ce qui a un intérêt certain pour sa santé (moins de pertes de sang et donc de fer, diminution du risque de cancer du sein et des ovaires...). Allaiter exclusivement pendant six mois semble également favoriser la perte de poids.

Pas avant 6 mois, mais après ?
«Les solides pas avant 6 mois» est un message qui commence à bien passer. Mais qu’en est-il si l’enfant continue à les refuser, ne semble pas du tout intéressé, alors qu’il a dépassé cet âge fatidique ? Y a-t-il un danger à poursuivre un allaitement exclusif au-delà de 6 mois ?

Certaines études ne craignent pas d’affirmer que «la plupart des enfants allaités par une mère en bonne santé n’ont pas besoin de suppléments pendant la majeure partie de leur première année pour avoir une croissance satisfaisante». Et l’expérience de nombreuses mères est là pour conforter cette analyse.

Il est vrai qu’il arrive que les bébés allaités exclusivement ou partiellement après 6 mois «décrochent» des courbes de croissance qu’on trouve dans les carnets de santé, ce qui inquiète parents et médecin. La plupart du temps, ce n’est pas la croissance de ces bébés qui est mauvaise, mais les courbes qui sont inadaptées. L’Organisation Mondiale de la Santé met actuellement au point de nouvelles courbes, qui devaient être publiées en 2002 mais qu’on attend toujours…

Attention quand même à ne pas faire de jusqu’auboutisme dangereux. Il vient quand même un moment où le lait maternel ne comble plus tous les besoins nutritionnels de l’enfant. Même si certains enfants exclusivement allaités peuvent continuer à avoir une croissance satisfaisante bien au-delà d’un an, l’apport calorique réalisé par le lait maternel peut dans certains cas s’avérer insuffisant à partir de 8 ou 9 mois. On estime par ailleurs qu’en moyenne, un bébé né à terme commencera à avoir besoin de fer provenant d’autres sources entre 6 et 9 mois. Attention donc à une possible carence en fer, mais aussi en zinc. Enfin, certains bébés qui ne commencent pas les solides avant 12 mois semblent avoir des difficultés à accepter ensuite une alimentation solide.


Comment ça se passe ?
En fait, la plupart du temps, on n’a pas à se poser tant de questions, car l’enfant manifeste très bien son envie de commencer à goûter autre chose.

Cela se passe souvent vers le milieu de la première année. A cet âge:
- l’appareil digestif a mûri et devient capable d’absorber toute une gamme d’aliments,
- la «barrière» de la muqueuse intestinale s’est développée, ce qui réduit les risques d’allergie alimentaire,
- le réflexe de succion a diminué,
- la sécrétion de salive augmente et aide l’enfant à avaler des aliments de consistance épaisse, a coordination musculaire s’est améliorée
- la langue peut transférer à peu près les aliments solides de l’avant à l’arrière de la bouche,
- le contrôle des mouvements de la tête s’est amélioré,
- le bébé tient assis, peut se pencher en avant,
- détourner la tête pour dire qu’il n’a plus faim,
- il tient bien les objets entre le pouce et les autres doigts et peut les diriger vers sa bouche sans craindre de s’éborgner...,

les dents commencent à apparaître.

A ce moment-là, si le bébé est présent au moment du repas familial, par exemple sur les genoux de son père ou de sa mère, il va commencer par s’intéresser de plus en plus à la nourriture, suivre des yeux le trajet de la fourchette de l’assiette à la bouche du parent, réclamer sa part par des cris, et carrément mettre la main dans le plat pour se servir ! Il n’y a alors plus à tergiverser: il est sans aucun doute prêt pour les solides !

Pour autant, si l’on ne fait pas le forcing, les solides peuvent rester longtemps des «à-côtés» du lait, qui complètent et non remplacent l’allaitement. C’est d’ailleurs ce qu’il est conseillé de faire si l’on souhaite que l’allaitement se poursuive: ne pas vouloir remplacer une tétée par un repas, garder un allaitement à la demande (et dans ce cas, le nombre de tétées, loin de diminuer au fil des mois, peut rester constant tout au long de la première année), proposer d’abord le sein et ensuite les solides.

C’est ce que recommande l’OMS quand elle parle d’introduire des « aliments complémentaires sûrs et appropriés, avec poursuite de l’allaitement jusqu’à l’âge de 2 ans ou au-delà».

Dans ce cas, pendant plusieurs mois, la part la plus importante de l’alimentation peut toujours être fournie par le lait maternel, l’enfant se contentant d’explorer les aliments à son rythme, goûtant un fruit tel jour, mâchouillant une croûte de pain le lendemain.

Quand on procède ainsi, il importe peu de commencer par tel ou tel aliment, et les tableaux alimentaires qu’on trouve dans tous les manuels de puériculture n’ont pas grande utilité. On veillera simplement à ne pas introduire plus d’un aliment nouveau à la fois et à éviter les possibles allergènes (voir plus haut).

Il n’est pas nécessaire non plus de préparer des plats spéciaux pour le bébé (ni d’acheter des petits pots, même s’ils peuvent être utiles en dépannage). On trouvera généralement dans la nourriture familiale des choses qui lui conviennent. Pas besoin non plus de tout réduire en bouillie, bien au contraire: le bébé qui est prêt pour les solides aime manger des morceaux (même si, au début, on les retrouve intacts dans la couche !), il aime même ronger des choses dures. Il faut savoir qu’un bébé allaité digère mieux et plus tôt les aliments solides qu’un enfant nourri au lait industriel, car le lait maternel contient des enzymes qui l’aident à digérer les gras, les protéines et les féculents.

Et un jour, les solides prendront le pas sur le lait, sans qu’on n’ait jamais eu besoin de se battre avec un bébé rétif à se laisser «gaver», sans batailles autour de la nourriture, sans longues préparations spéciales pour bébé et sans achats massifs de petits pots.

Là aussi, on aura respecté les besoins de l’enfant, son rythme de développement, lui donnant le sentiment d’être un individu maître de son corps, libre de choisir ses aliments et prêt à partager la table familiale.

L’avis de l’anatomiste
Il faut donc introduire progressivement des aliments en morceaux, car les mouvements masticatoires ne peuvent être déclenchés que par le contact de solides avec la muqueuse buccale; solides dont le volume, la consistance et les saveurs doivent être aussi variés que possible. En dépend, outre la croissance faciale et la coordination motrice, la qualité du rangement dentaire sur chaque arcade, qui nécessite des pressions aléatoires sur les crêtes gingivales. En dépend aussi la qualité des informations sensorielles qui construisent à cet âge une part importante des connections neurales encéphaliques: le goût et l’odorat, toujours liés, sont les sens majeurs du nourrisson, et seuls des aliments en morceaux, broyés en bouche, peuvent générer des saveurs et des flaveurs suffisantes pour la stimulation cérébrale (à l’étage thalamique, hypothalamique et de la formation réticulée mésencéphalique).

Dr Chancholle, Chirurgie plastique et reconstructive, Toulouse.


Le nourrisson, le mixer et la cuillère
une fable qui finit mal!


Des raisons de l'allaitement maternel, le lecteur de cette revue connaît les plus constamment évoquées: l'adaptation parfaite du lait à la physiologie nutritive et générale du nouveau-né; les relations entre la mère et l'enfant.

D'autres raisons, toutes aussi pertinentes, sont moins connues: la croissance faciale et la coordination sensori-motrice de l'ensemble du corps qui sont favorisées au mieux par la tétée au sein, en raison de l'adaptation parfaite des mouvements bucco-faciaux avec la résistance mammaire et de la sensorialité buccale avec les saveurs variées du lait.
Mais l'allaitement a une fin alors que croissance faciale et coordination motrice n'ont pas fini de se constituer. Que faire pour les favoriser encore après le début du sevrage ?

Les deux premiers temps de la digestion sont:

- tétée puis déglutition, ensuite mastication puis déglutition. Le schéma moteur de la mastication se substitue progressivement, entre 6 et 30 mois, à celui de la tétée

- quand cette dernière disparaît progressivement, elle doit être remplacée par une mastication qui devient de plus en plus efficace avec les progrès de l'éruption dentaire.

Il faut donc introduire progressivement des aliments en morceaux, car les mouvements masticatoires ne peuvent être déclenchés que par le contact de solides avec la muqueuse buccale; solides dont le volume, la consistance et les saveurs doivent être aussi variés que possible. En dépend, outre la croissance faciale et la coordination motrice, la qualité du rangement dentaire sur chaque arcade, qui nécessite des pressions aléatoires sur les crêtes gingivales. En dépend aussi la qualité des informations sensorielles qui construisent à cet âge une part importante des connections neurales encéphaliques: le goût et l'odorat, toujours liés, sont les sens majeurs du nourrisson, et seuls des aliments en morceaux, broyés en bouche, peuvent générer des saveurs et des flaveurs suffisantes pour la stimulation cérébrale (à l'étage thalamique, hypothalamique et de la réticulé mésencéphalique).
Tout ceci démontre la nocivité de l'administartion passive d'aliments mixés, moulinés, réduits en bouillie et imposés à la cuillère. Le nourrisson avale immédiatement une bouillie qu'il ne peut ni téter ni mastiquer. Le premier temps de la digestion devient une déglutition rapide, sans autres mouvements facieux qu'une rétropulsion de la langue. Enfin l'aliment est insipide car ses saveurs ont été éliminées par le broyage industriel ou domestique.
La bouillie donnée à la cuillère pervertit des fonctions primordiales du corps et leur avenir.

(Drs A-R Chancholle et J Saboye, Chirurgie plastique et reconstructive, Unité de traitement des fentes labiales et palatines, 20 avenue Frizac, 31400 Toulouse.)

L'avis des allergologues
"Il n'existe aucun argument médical pour donner autre chose que du lait maternel ou en poudre avant l'âge de six mois". Professeur Dutau, CHU de Toulouse.

Cité dans "Allergie à l'arachide, des vies empoisonnées", Que Choisir, février 1999 .

L'avis des pédiatres
Dans un texte bizarrement passé inaperçu et qui gagnerait à être plus connu, le Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie déclare notamment :

"(...) Chez les enfants des milieux favorisés dont l'allaitement maternel est poursuivi au-delà de l'âge de 1 an, le lait de femme reste une source prépondérante de protéines, représentant 80% de l'apport à 6 mois, 50% vers 9 mois, et 20% à 1 an (...) La croissance pondérale moins rapide des enfants nourris au sein, qui aboutit à une différence de près de 600 g à 1 an, apparaît donc liée au fait qu'ils stabilisent d'eux-mêmes leur consom-mation énergétique à un niveau plus faible. L'introduction d'aliments de complément n'affecte pas cette autorégulation, l'énergie fournie en supplément provoquant une réduction compensatrice de la consommation de lait. Les nourrissons dont l'allaitement maternel est prolongé déposent par ailleurs moins de graisses dans leurs tissus (...) Juger la croissance des nourrissons au sein d'après les courbes disponibles pourrait faire croire que leurs apports sont insuffisants, alors que ce sont les références actuelles qui sont inadaptées à ce mode d'alimentation (...) Il ne s'agit donc pas de redouter une carence protéique liée à la consommation exclusive de lait de femme, risque inexistant avant 3 mois, et même avant 6 mois (...) Dans les pays industrialisés, l'allaitement maternel exclusif permet un développement normal au moins jusqu'à 6 mois.

L'aspect économique
Attendre que l'enfant soit prêt et l'intégrer ensuite progressivement à la table familiale, cela n'a pas qu'un intérêt nutritionnel; cela représente aussi de sacrées économies quand on pense que le bébé français moyen, chéri des industriels, consomme pour près de 540 euros de nourriture pendant sa première année.
De 1960 à 1997, la consommation des ménages en aliments diététiques et aliments pour bébés est passée de 186 millions de francs à plus de 6 milliards ! En 1995, 345 millions de petits pots ont été vendus en France, ce qui fait du bébé français le plus gros consommateur européen.

Mais ce "beau score" ne satisfait pas les industriels qui bien sûr voudraient vendre encore plus. Pour cela, ils inventent de "nouveaux" produits, quitte à réinventer la roue, comme Nestlé avec les P'tit Duo, des petits pots proposant de manière distincte viande et légumes afin de "mieux en apprécier les saveurs" ! Ou ils cherchent de nouveaux clients, notamment les "grands bébés" au-delà de 1 an (car si 90% des bébés de moins de 6 mois consomment des petits pots, ils ne sont plus, horreur !, que 30% à le faire après 2 ans...). Comme le dit un porte-parole de Nestlé, "il s'agit d'inciter les mères à prolonger l'alimentation de leur bébé en baby food au-delà d'un certain âge, fixé de manière générale au début de l'apprentissage de la marche".

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